Le National enterre la réforme de l'armée

La gauche et l'UDC ont eu raison de la réforme de l'armée au National. Après sept heures de ...
Le National enterre la réforme de l'armée

Le National enterre la réforme de l'armée

Photo: Keystone

La gauche et l'UDC ont eu raison de la réforme de l'armée au National. Après sept heures de débats, les députés ont coulé cette révision de loi jeudi par 86 voix contre 79 et 21 abstentions. Les deux camps ont unis leurs voix, faute d'avoir pu imposer leurs vues.

Le camp rose-vert, qui militait pour une armée réduite à 80'000 militaires et un budget annuel de 4,4 milliards de francs, a fait part dès le début de ses critiques. Pas question de voir l'armée prêter main forte aux autorités civiles et surtout de permettre à la police militaire d'aider la police ou les gardes-frontières dans des missions incluant le recours à la force.

Cette révision de loi ne propose aucun progrès, selon Aline Trede (Verts/BE). 'On ne va pas en direction d'une armée moderne'. Au contraire, on ne fait qu'augmenter les crédits militaires même après le refus de l'avion de combat Gripen. Entourée de pays amis, la Suisse n'a pas à craindre des troupes ennemies à ses frontières, avait quant à lui lancé Pierre-Alain Fridez (PS/JU).

UDC véhémente

Les représentants de la gauche ont été régulièrement pris à partie par l'UDC. Les attentats à Paris, les succès de Daech en Syrie mais aussi l'afflux de réfugiés, la crise économique en Europe et la crise ukrainienne sonnent le glas de ces rêves de paix éternelle, selon Adrian Amstutz (UDC/BE).

'Il faut se réveiller' et ne pas attendre la première décapitation en Suisse. Les soldats ne doivent plus s'entraîner dans des bacs à sable ou sur un ordinateur, a-t-il lancé. La droite a bataillé pour une armée des effectifs atteignant 140'000 militaires avec un budget de 5,4 milliards.

Sort à régler

Mais, faute de majorités, aucun de ces camps n'a obtenu gain de cause. Le National s'est prononcé pour une armée de 100'000 militaires et un budget de 5 milliards.

Le rejet lors du vote final rend caduques les décisions de la Chambre du peuple. Le dossier retourne au Conseil des Etats. Si le National devait refuser une deuxième fois la révision de la loi, celle-ci serait définitivement enterrée.

Conditions posées par l'UDC

Pour ne pas en arriver là, Hans Fehr (UDC/ZH) veut que les 5 milliards par an réclamés par le Parlement soient garantis. Une proposition d'ancrer ce montant dans la loi a été rejetée lors des débats.

Le gouvernement s'est prononcé pour un plafond de 19,5 milliards pour les années 2017 à 2020, soit 4,875 milliards par an. Un projet en ce sens sera soumis aux Chambres fédérales durant le premier trimestre 2016. L'heure étant aux économies, il faut même s'attendre à ce qu'on s'approche des 4,5 milliards par an, a avancé le ministre de la défense Ueli Maurer.

Le sort de l'ordonnance du Parlement, qui précisait les effectifs et l'organisation de l'armée, reste incertain. Ce texte a en effet échappé de justesse à un enterrement en bonne et due forme. Les députés l'avaient d'abord refusé dans un premier vote sur l'ensemble avant de se raviser, à la demande du président de la commission préparatoire Thomas Hurter (UDC/SH).

/ATS


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