Le Parlement ne veut pas attendre pour donner 5 milliards à l'armée

Le budget militaire doit être relevé à 5 milliards sans attendre. Suivant le National, le Conseil ...
Le Parlement ne veut pas attendre pour donner 5 milliards à l'armée

Le budget militaire doit être relevé à 5 milliards sans attendre. Suivant le National, le Conseil des Etats a adopté lundi un plafond quadriennal des dépenses de 20 milliards valable dès 2017. Il a parallèlement mis la dernière main à la réforme de l'armée.

La majorité de droite du Parlement réclame depuis des années un budget à 5 milliards de francs contre 4,4 milliards actuellement. L'UDC, qui aimerait même aller jusqu'à 5,4 milliards, en a même fait une condition pour son soutien à la réforme de l'armée, qui avait failli sombrer devant la Chambre du peuple.

Pour sortir le projet de l'ornière, le National a adopté en décembre un plafond de 20 milliards pour les années 2017 à 2020, qu'il n'est pas possible de combattre par référendum. Le Conseil des Etats a suivi par 30 voix contre 10.

Une telle somme est nécessaire pour mener à bien la réforme, a fait valoir Alex Kuprecht (UDC/ZH) au nom de la commission. Faute de moyens suffisants, l'armée n'est pas sûre de pouvoir effectuer ses missions, a ajouté Jean-René Fournier (PDC/VS). Et de souligner que si, depuis 1991, le budget de la Confédération a augmenté de 75%, celui de l'armée a baissé de 28%.

Appel à la rigueur

Le nouveau ministre de la défense UDC Guy Parmelin, lors de sa première intervention devant la Chambre des cantons, a quant à lui défendu brièvement les appels du Conseil fédéral à la rigueur budgétaire. Les cinq milliards ne devraient être disponibles qu'à l'horizon 2020.

En attendant, le plafond des dépenses pour l'armée devrait se limiter à 18,8 milliards de francs, soit un budget annuel s'échelonnant de 4,5 à 4,8 milliards. Aller jusqu'à 20 milliards n'est pas conciliable avec le dernier programme d'économies.

Au final, le montant annuel exact dédié à l'armée sera fixé dans le cadre du budget de la Confédération. Seule la gauche s'est opposée au plafond de 20 milliards. On veut graver dans le granit le budget militaire au détriment d'autres domaines comme l'agriculture, la coopération ou les transports, a critiqué en substance Géraldine Savary (PS/VD).

Réforme de l'armée

Pour le reste, la réforme de l'armée est désormais sous toit, prête à affronter le cap des votations finales le 18 mars puis celui d'un référendum des milieux conservateurs. Les effectifs seront réduits de 200'000 à 100'000 militaires (avec un effectif réel de 140'000 pour disposer de la marge de manoeuvre nécessaire). Ce nombre est fixé dans une ordonnance, non attaquable par référendum.

L'école de recrues continuera de durer 18 semaines. Il n'y en aura plus trois mais deux par an. Ensuite, les soldats effectueront du service pendant douze ans, au travers de six cours de répétition de trois semaines. Le concept de six sessions de 13 jours, présenté par le Conseil fédéral, n'a pas passé le cap du Parlement.

/ATS


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