Le projet de Grand Fribourg ne séduit que trois communes sur neuf

Le vote consultatif organisé dimanche dans neuf communes sur le projet de fusion pour former ...
Le projet de Grand Fribourg ne séduit que trois communes sur neuf

Le projet de Grand Fribourg ne séduit que trois communes sur neuf

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Le projet de fusion pour former un Grand Fribourg à 75'000 habitants n'a séduit les citoyens que de trois des neuf communes consultées dimanche. Le périmètre pourrait être redimensionné avec Fribourg, Marly et Belfaux, qui concentrent les deux tiers de la population.

Le verdict des urnes ne constitue pas nécessairement une surprise, a constaté le monde politique fribourgeois réuni sur le site de Miséricorde de l'Université de Fribourg. Mais il ne signifie nullement la fin du projet, sachant que le vote consultatif devait servir à dessiner le périmètre définitif de la fusion.

C'est le message délivré par Carl-Alex Ridoré devant la presse. Déçu, le président de l'Assemblée consultative du Grand Fribourg a vu dans la fiscalité, et les finances en général, la proximité, la représentativité et le bilinguisme, la minorité germanophone constituant 10% de la population, les raisons de l'échec.

Polarisation des positions

Le fait que les neuf communes n'ont pas donné leur aval aura inévitablement des conséquences. La prochaine réunion de l'Assemblée constitutive à fin novembre devra repenser l'avenir d'un projet qui a pris son envol en 2017, sous la houlette d'un préfet de la Sarine qui abandonnera sa fonction en fin d'année.

Chargé du dossier, le conseiller d'Etat Didier Castella s'est dit surpris par la clarté des positions, en parlant de 'polarisation'. 'Le Conseil d'Etat reste déterminé à établir un centre cantonal fort', a noté le directeur des institutions. 'Le vote consultatif pose beaucoup de questions, apporte peu de réponses.'

'Nous ne sommes pas loin du minimum requis dans la loi pour poursuivre le processus', a relevé Didier Castella. 'L'idée est soutenue, mais l'idée en faveur d'un Grand Fribourg se doit d'être renforcée'. Un avis partagé par le syndic de Fribourg Thierry Steiert, pour qui le périmètre doit être reconfiguré.

100 millions promis

Au-delà, Carl-Alex Ridoré, par ailleurs candidat PS malheureux à la succession de Christian Levrat au Conseil des Etats, dimanche aussi, battu par la centriste Isabelle Chassot, a relevé le défi posé la continuité territoriale. Marly touche certes le chef-lieu cantonal, mais pas Belfaux. 'C'est possible, mais pas l'idéal', a-t-il indiqué.

Quant aux 100 millions de francs promis récemment par le Conseil d'Etat, ils seront assurément révisés à la baisse, a escompté Carl-Alex Ridoré. 'Un vrai débat de fond ainsi que sur le principe même de la fusion doit désormais s'ouvrir', a conclu le préfet de la Sarine. Toutes les autorités communales auront à se déterminer.

Dans le détail, les citoyens de Fribourg, chef-lieu cantonal qui compte 38'000 habitants, ont avalisé le projet à 74,1%, tout comme ceux de Marly (57,1%) et Belfaux (56,9%). Les trois communes, qui totalisent 49'500 habitants, ne permettent toutefois juste pas d'atteindre le minimum fixé à 50'000 dans la loi.

Opposants satisfaits

Dans le camp du non, figurent Avry (à 60,5%), Corminboeuf (63,8%), Givisiez (66,5%), Granges-Paccot (85%), Matran 83,7%) et Villars-sur-Glâne (73,8%). Celle-ci est la troisième commune la plus peuplée du canton, avec 12'000 habitants. Son ex-syndique, la députée PS Erika Schnyder, était le fer de lance des opposants.

Ces derniers n'ont pas manqué de faire part de leur satisfaction. Ils ont dû défendre leur avis avec des moyens notablement plus limités, ont-ils déploré pendant la campagne. A noter enfin que deux communes ayant un statut d'observatrice (Grolley et Pierrafortscha) ont également voté non au projet de fusion dimanche.

/ATS
 

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