Les autorités tessinoises attendent un afflux de migrants cet été

Malgré un recul des demandes d'asile en Suisse, les autorités tessinoises se préparent à un ...
Les autorités tessinoises attendent un afflux de migrants cet été

Les autorités tessinoises attendent un afflux de migrants cet été

Photo: Keystone

Malgré un recul des demandes d'asile en Suisse, les autorités tessinoises se préparent à un fort afflux de migrants cet été. Les arrivées ont plus que doublé en Italie depuis début 2017. Qui dit arrivées en masse, dit hausse des entrées irrégulières sur sol suisse.

Rien que durant les trois premiers mois de cette année, le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que 24'000 migrants partis de Libye ont rejoint l'Italie en bateau. Ils étaient 18'000 à la même période en 2016.

A Pâques, des milliers d'exilés ont été sauvés en Méditerranée. Avec un décalage de deux à quatre semaines, ces nouvelles arrivées devraient aussi se faire ressentir à la frontière sud de la Suisse, affirme Ursula Van Rijs, spécialiste de la migration auprès du Corps des gardes-frontière.

D'après certains pronostics, au total 250'000 migrants devraient débarquer en Italie cette année, affirme Roberto Bernasconi, responsable de la prise en charge des réfugiés à Côme (I).

Entrées irrégulières

En Suisse, le nombre d'entrées irrégulières entre janvier et fin mars 2017 est nettement au-dessus des valeurs de l'an dernier. On en dénombre 2288 en mars 2017, contre 1467 un an plus tôt. Plus de la moitié concernait le Tessin.

Près de 4800 remises à des autorités étrangères ont été effectuées durant les trois premiers mois de l'année, précise Mme Van Rijs. Plus de 80% ont eu lieu dans le canton italophone. La plupart des personnes viennent de Guinée, Gambie et du Nigeria.

L'été dernier, l'Organisation suisse d'aide aux réfugiés (OSAR) avait critiqué la situation à la frontière au sud des Alpes. Les réfugiés concernés par des renvois ne sont pas correctement informés sur le processus de demande d'asile. Ils ne savent pas quand ils peuvent déposer une requête officielle.

Gardes-frontière mieux formés

Le Corps des gardes-frontière a pris en compte les griefs: désormais, quand le personnel identifie une personne qui cherche protection en Suisse, on lui laisse entamer une procédure de demande d'asile.

Selon Mme Van Rijs, la 'conduite d'entretiens' s'est entre-temps améliorée lors des enregistrements, le personnel a été formé en conséquence et les processus optimisés. Dans certains cas, une personne accompagnatrice parmi les migrants peut aider à traduire les entretiens. Le but est de s'assurer que chaque demande de protection soit comprise le mieux possible, explique Mme Van Rijs.

Un formulaire n'est pas suffisant pour faire part de son souhait de demande d'asile; la personne concernée doit aussi elle-même exprimer sa requête, souligne l'experte. Des indications dans dix langues et des illustrations arborent les locaux du Corps des gardes-frontière à Chiasso (TI).

Calme avant la tempête?

A quelques kilomètres de là, dans la ville italienne de Côme, la situation semble très calme par rapport à l'été passé, lorsque près de 500 réfugiés campaient aux abords de la gare.

Depuis l'automne, la ville accueille les migrants nouvellement arrivés dans un centre exploité par la Croix-Rouge. Actuellement, 170 y sont placés, indique Roberto Bernasconi, directeur de Caritas et responsable de la prise en charge des réfugiés de la ville. Le centre peut héberger jusqu'à 250 personnes.

M. Bernasconi estime qu'une situation similaire à celle de l'été passé ne devrait 'très probablement' pas se répéter. Ce qui ne signifie toutefois pas qu'il faut baisser la garde, au contraire. Jointes par l'ats, les autorités de Côme n'ont pas souhaité détailler leur stratégie de prise en charge des migrants.

Selon le spécialiste, les migrants revenant de pays d'Europe du Nord constituent un problème jusqu'ici sous-estimé pour les responsables de la prise en charge des réfugiés en Italie. 'Lorsqu'ils sont renvoyés dans notre pays en raison de leur enregistrement, ces migrants sont, sur leur chemin, souvent poussés dans l'illégalité'. Et disparaissent de la circulation.

/ATS
 

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