Les négociations salariales ne sont pas satisfaisantes

Les augmentations salariales de 0,5 à 1% proposées par les employeurs ne satisfont pas Travail ...
Les négociations salariales ne sont pas satisfaisantes

Les employés doivent profiter de la croissance, selon les syndicats

Photo: KEYSTONE/ALESSANDRO DELLA VALLE

Les augmentations salariales de 0,5 à 1% proposées par les employeurs ne satisfont pas les syndicats. Alors que l'économie suisse a crû de pratiquement 3%, les travailleurs n'en ont pas profité, dénoncent-ils.

'La reprise du renchérissement et les primes des caisses maladie en augmentation feront que, malgré les augmentations salariales en 2019, de nombreux travailleurs auront moins d'argent dans leur portemonnaie', critique Gabriel Fischer, responsable du dossier de politique économique chez Travail.Suisse, cité mardi dans un communiqué.

Pour la faîtière et les fédérations affiliées Syna, transfair et Hotel & Gastro Union, le contexte est à présent propice à des hausses salariales. 'Les conditions économiques sont au beau fixe, la nécessité d'augmenter les salaires est démontrée, seul le résultat de l'automne salarial est décevant pour beaucoup de travailleurs', déplore Arno Kerst, président de Syna.

Le syndicat relève la bonne situation économique internationale, des carnets de commandes pleins et des entreprises qui investissent. Début août, il avait demandé des augmentations salariales de 2 à 3%, avec des échelonnements selon la spécificité des branches.

Primes en hausse

Après une longue période presque sans renchérissement, l'inflation a repris et sera d'environ 1%. De plus, les primes de caisse maladie en hausse et la stagnation des réductions individuelles des primes réduisent le revenu disponible des travailleurs, note Travail.Suisse.

Le danger d'une perte du pouvoir d'achat est renforcé par une mauvaise répartition politique des majorations de salaire. Il y a dix ans, deux tiers des hausses étaient générales. Aujourd'hui, elles ne représentent plus qu'un tiers.

'Tous les travailleurs ne participent pas de la même manière aux augmentations salariales, en raison d'une tendance à octroyer toujours plus de mesures individuelles, ce qui augmente le danger de pertes réelles de salaires', dénonce M. Fischer.

Signal positif

Travail.Suisse retient toutefois un élément positif. Les salaires les plus bas dans les branches du nettoyage, de la coiffure, de l'hôtellerie-restauration et de la menuiserie augmentent en partie de manière importante. Dans le secteur principal du bâtiment, une hausse des salaires minimaux se profile aussi.

Dans l'hôtellerie-restauration, les salaires minimaux augmenteront par exemple de 1 à 1,3%, ont annoncé mardi les partenaires sociaux. Transfair se réjouit pour sa part du résultat 'très positif' obtenu auprès de la compagnie Matterhorn Gotthard Bahn (MGB). Les employés bénéficieront d'une mesure générale avec la compensation du renchérissement de 1%, ainsi que d'une augmentation individuelle de 0,8%.

Les syndicats saluent également la révision de la loi sur l'égalité, qui prévoit que les plus grandes entreprises doivent procéder au contrôle de l'égalité salariale entre les sexes. 'C'est un pas important, mais encore de loin insuffisant pour garantir l'égalité salariale', note Travail.Suisse.

Hôpitaux et industrie critiqués

De nombreuses négociations salariales n'ont pas encore été menées, ou ne sont pas encore terminées. Arno Kerst critique des discussions qui s'annoncent à nouveau 'très difficiles' dans les hôpitaux, qui investissent plutôt dans l'infrastructure que dans leur personnel.

Les grands distributeurs Coop et Migros n'aident pas non plus à briser la tendance à toujours plus d'accords salariaux individuels plutôt que généraux, déplore le président de Syna. Dans l'industrie et le secteur de la santé, la volonté des employeurs de négocier d'égal à égal diminue, s'alarme par ailleurs M. Kerst.

Ce dernier pointe du doigt deux menaces contre lesquelles va se battre Syna, à savoir tout assouplissement des mesures d'accompagnement en lien avec l'accord-cadre négocié avec l'Union européenne et le projet d'abolition de la saisie du temps de travail pour les cadres et les spécialistes.

/ATS
 

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