Les rats non plus ne sont pas égaux face à l'alcool

A l'instar des humains, les rats ne sont pas égaux face à l'alcool. Une moitié parvient à boire ...
Les rats non plus ne sont pas égaux face à l'alcool

Les rats non plus ne sont pas égaux face à l'alcool

Photo: Keystone

A l'instar des humains, les rats ne sont pas égaux face à l'alcool. Une moitié parvient à boire avec modération, tandis que 12% environ présentent des risques majeurs de perte de contrôle de leur consommation, ont constaté des chercheurs du CHUV à Lausanne.

L'équipe de Benjamin Boutrel, du Centre de neurosciences psychiatriques du Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), s'est intéressée à la vulnérabilité individuelle des rats face à l'alcoolisme.

En adaptant certains critères diagnostiques utilisés en pratique clinique pour identifier les sujets à risque d’alcoolo-dépendance, les scientifiques démontrent que parmi une cohorte de 59 rats, seuls 12% présentaient des risques majeurs de perte de contrôle de leur consommation d’alcool.

Confrontés à différents tests et épreuves, la moitié des rats testés conservaient leur capacité à boire avec modération, selon ces travaux publiés dans la revue Scientific Reports.

Ces résultats confirment que, comme chez les humains, les rats ne sont pas tous égaux face au risque de boire sans modération. Certains montrent un comportement compulsif et persistent à boire de l'alcool malgré les punitions infligées, consistant en l'occurrence en de légers chocs électriques dans les pattes.

En outre, la méthode développée par l’équipe lausannoise a confirmé que l’anxiété est bel et bien un facteur de risque et que le développement d’un comportement d’abus requiert une exposition longue et récurrente à l’alcool, chez les rats aussi.

Thérapies personnalisées

Cette étude ouvre une nouvelle voie de recherche visant à identifier les profils neuropsychologiques à risque d’abus d’alcool, afin d’identifier la circuiterie cérébrale impliquée dans le développement de la pathologie addictive. A terme, elle devrait permettre d’entrevoir des thérapies prophylactiques ou curatives ciblées et ouvrir la voie d’une personnalisation des traitements.

Pendant longtemps, la recherche préclinique s’est heurtée au fait que les rats ne sont pas amateurs d’alcool, note encore le CHUV. Les scientifiques travaillent désormais avec des animaux génétiquement modifiés ou issus d’élevage sélectionnés de rats consommateurs d’alcool.

Les données les plus récentes sur la consommation d’alcool en Suisse suggèrent qu’environ 250'000 personnes sont alcoolodépendantes et que 20% de la population - 15 ans et plus - présente une consommation à risque.

/ATS
 

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