Migrations: un Portugais proche de Guterres élu à la tête de l'OIM

L'Organisation internationale pour les migrations (OIM) sera dirigée dès octobre par un proche ...
Migrations: un Portugais proche de Guterres élu à la tête de l'OIM

Un Portugais inflige une défaite à Trump et dirigera l'OIM à Genève

Photo: KEYSTONE/EPA KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

Le Portugais Antonio Vitorino, 61 ans, sera dès octobre prochain le directeur général de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) à Genève. Elu vendredi, ce proche d'Antonio Guterres a infligé une sévère défaite diplomatique à Donald Trump.

Les Etats membres, dont la Suisse, ont désigné par acclamations cet ancien commissaire européen à la Justice qui restait seul en lice après quatre tours de scrutin. Il succédera à William Lacy Swing qui aura dirigé pendant dix ans l'organisation.

'Je suis honoré', a dit devant la presse M. Vitorino. Il a promis une réaction à l'accord européen obtenu pendant la nuit de jeudi à vendredi une fois qu'il l'aura consulté.

Plus largement, il souhaite une finalisation des discussions sur un Pacte mondial pour les migrations, pilotées par la Suisse mais dont les Etats-Unis se sont retirés. Il a mentionné 'un besoin urgent' de défendre le multilatéralisme en termes de politique migratoire et d'étendre le lien entre migrations et développement. Le nombre de migrants internationaux atteint près de 250 millions dans le monde, selon l'OIM.

Le Portugais a été préféré à la numéro deux de l'organisation, la Costaricienne Laura Thompson. Il l'a devancée à chaque tour, d'une dizaine de voix au dernier, mené avant les acclamations. Ancien numéro deux du gouvernement de M. Guterres, il avait démissionné après des allégations de fraude fiscale dont il avait été ensuite blanchi.

Peu d'écart avec la numéro 2

M. Vitorino 'était de loin le plus qualifié' pour le mandat, ont dit à l'agence Keystone-ATS des sources convergentes. Mais l'écart restreint avec Mme Thompson montre que beaucoup n'étaient pas favorables à un candidat proche du secrétaire général de l'ONU, selon elles. A une période où l'UE est largement visée pour sa politique migratoire.

Face à ces préoccupations, le prochain directeur général s'est contenté de dire que cette 'amitié' de 40 ans 'n'a jamais été un problème, même quand nous n'étions pas d'accord'.

Autre indication importante, le candidat de M. Trump, l'évangéliste Ken Isaacs, aura subi une énorme défaite malgré une intense activité diplomatique de son pays pendant le dernier mois avant le scrutin. Dernier, il a été éliminé au troisième tour.

Candidat américain controversé

Un séisme pour une organisation qui avait toujours été dirigée depuis son lancement en 1951 par un Américain, en dehors du Néerlandais Bastiaan Haveman dans les années 60. Devant la presse, Ken Isaacs a félicité le Portugais qu'il a rencontré après l'élection.

Le candidat américain a payé la politique migratoire controversée de M. Trump, entre les interdictions de territoire de ressortissants de plusieurs pays et la séparation entre adultes et enfants. Mais il avait été aussi ciblé pour des déclarations controversées.

Sur les réseaux sociaux, il avait affirmé que le Coran 'ordonne' aux musulmans de commettre des actes de violence et laissait entendre que les réfugiés chrétiens devraient avoir la priorité sur eux. Il mettait aussi en cause le changement climatique. Autant de déclarations qu'il a ensuite regrettées. L'OIM reconnaît le lien entre migrations et changement climatique.

Milliers d'employés

Cette défaite pour M. Trump pose la question du financement de l'organisation qui rassemble plus de 170 Etats. Les Etats-Unis sont le principal contributeur de l'OIM, dont ils alimentent environ un quart de l'enveloppe.

Certains redoutent que le président américain ne remette en cause cette assistance financière et aucun ambassadeur ne souhaitait s'exprimer sur la défaite de Ken Isaacs après l'élection de M.Vitorino. Celui-ci s'est dit 'confiant' sur le fait que tous les pays membres 'savent' quelle est l'importance de l'organisation et honoreront leurs obligations et leurs 'responsabilités'.

Devenue une agence de l'ONU en 2016, l'OIM rassemble plus de 10'000 collaborateurs. Au total, elle est présente dans plusieurs centaines de bureaux dans 150 pays. Le vote de vendredi avait lieu à bulletins secrets. La Suisse était emmenée par le vice-directeur du Secrétariat d'Etat aux migrations (SEM) Vincenzo Mascioli.

/ATS
 

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