Peine réduite de moitié pour un néonazi ayant craché sur un juif

Le Tribunal cantonal de Zurich a réduit de moitié la peine infligée en première instance à ...
Peine réduite de moitié pour un néonazi ayant craché sur un juif

Peine réduite de moitié pour un néonazi ayant craché sur un juif

Photo: KEYSTONE/WALTER BIERI

Le Tribunal cantonal de Zurich a réduit de moitié la peine infligée en première instance à un néonazi aux multiples antécédents judiciaires qui avait craché sur un juif en juillet 2015. La sentence passe de 24 à 12 mois de prison ferme.

L'homme de 31 ans a été reconnu coupable mardi de discrimination raciale. En revanche, il est disculpé de l'accusation de voie de fait, qui désigne une infraction contre la vie et l'intégrité corporelle commise par une personne qui se livre à des actes de violence qui ne causent ni lésion corporelle ni atteinte à la santé.

Outre la peine de prison, le prévenu doit verser 3000 francs au plaignant. Le sursis a par ailleurs été prolongé pour deux condamnations antérieures à cette affaire.

Le Ministère public exigeait une peine de 30 mois d'emprisonnement. La défense plaidait l'acquittement. Le jugement n'est pas encore entré en force. Les parties peuvent faire appel.

Aucun doute du tribunal

L'accusé a toujours plaidé son innocence et dit qu'il s'agissait d'une méprise. Mais le tribunal est convaincu que c'est bien lui qui a craché sur un juif et l'a insulté. Il a été identifié immédiatement après l'agression par la victime et des témoins. C'était aussi tellement évident pour la police qu'elle a renoncé à prélever des échantillons de salive sur les vêtements de la personne visée.

L'homme avait aussi fait le salut nazi. En se basant sur la jurisprudence du Tribunal fédéral, la cour a cependant estimé que ce geste exprimait ses convictions propres et qu'il ne devait pas être interprété comme de la propagande pour le national-socialisme.

Durant le procès, l'accusé a souligné qu'il avait changé et qu'il avait aujourd'hui de nouvelles priorités. Il a expliqué qu'à l'époque de l'incident, il ne respectait presque rien. Entretemps, il a eu une fille et son rôle de père est ce qui compte désormais le plus pour lui. Il a aussi arrêté de chanter dans le groupe de rock de droite dont il faisait partie.

Il n'a pas déclaré n'être plus attaché à l'idéologie nazie. Mais cela n'est en tant que tel pas punissable, a souligné son avocat.

Seconde chance

L'homme a 'changé en mieux' depuis l'été 2015, a agréé le président du tribunal. Mais on ne peut pas dire à quel point ce changement sera durable.

La peine de 12 mois tient compte de la longueur de la procédure et du fait que l'homme a été condamné par avance par les médias, selon la cour. Il pourra probablement purger sa peine en semi-détention. Ce qui lui éviterait de tomber hors de son réseau social et professionnel. Le tribunal lui donne ainsi une seconde chance, a dit le président. 'Saisissez-la.'

Un enterrement de vie de garçon qui dérape

Les faits remontent au 4 juillet 2015. Ils se sont déroulés lors d'un enterrement de vie de garçon, en pleine journée du shabbat, dans le quartier zurichois de Wiedikon, où vivent de nombreux juifs orthodoxes. Un autre membre du groupe a été condamné en 2017 par ordonnance pénale à une peine pécuniaire de 180 jours-amendes à 90 francs pour avoir menacé physiquement deux juifs et les avoir insultés.

/ATS