Peines de prison pour les motards

Un important dispositif policier a été déployé jeudi matin devant le tribunal régional Berne-Mittelland ...
Peines de prison pour les motards

Bagarre entre motards à Belp: le principal accusé écope de 8 ans

Photo: KEYSTONE/STRINGER

Le tribunal régional de Berne a infligé trois peines de prison ferme jeudi dans l'affaire de l'affrontement violent entre bande de motards en 2019 à Belp (BE). Le principal prévenu a écopé de huit ans de réclusion pour tentative d'homicide volontaire.

L'homme avait frappé un membre de la bande rivale à la tête avec un pistolet chargé. Un coup de feu avait blessé une troisième personne. L'accusé a sciemment accepté de blesser et de tuer des personnes, a déclaré le président du tribunal lors de l'énoncé du jugement.

Ce Suisse de 37 ans est membre des Bandidos. Un second membre de ce club de motards, un Espagnol de 42 ans, a été condamné à 8 mois de prison pour rixe, mais a été acquitté de l'accusation de tentative d'homicide volontaire.

Expulsion

Un troisième Bandido, un Autrichien de 34 ans, a pour sa part été condamné à 42 mois pour tentative de coups et blessures graves. Il sera expulsé de Suisse.

Dix-neuf autres motards, membres des Bandidos, mais aussi des Hells Angels et des Broncos, étaient jugés pour rixe ou complicité de rixe. Certains ont été reconnus coupables, d'autres ont été acquittés. La plupart des condamnations ont été assorties de peines de prison avec sursis d'environ dix mois.

Début juin, le Ministère public bernois avait requis la prison ferme pour trois des 22 motards assis sur le banc des accusés. Une peine de 9 ans et demi avait été réclamée à l'encontre du principal prévenu.

Volonté d'intimidation

Le prononcé du jugement au tribunal régional de Berne-Mittelland a duré plusieurs heures. Lors des interrogatoires, la plupart des accusés avaient gardé le silence. Pourtant, il y avait de nombreuses traces, dont de l'ADN, du sang et des traces de poudre, a souligné le président du tribunal. La cour s'est aussi appuyée sur l'analyse de chats et de témoignages.

La violente altercation, survenue un samedi soir de mai 2019 à Belp, impliquait d'une part les Hells Angels et les Broncos bernois qui leur sont alliés, et d'autre part les Bandidos. L'affrontement a pour toile de fond la volonté de ces derniers de s'implanter en Suisse.

Selon le tribunal, Hells Angels et Broncos ont profité d'une fête d'anniversaire des Bandidos pour tenter de les intimider. Les deux groupes savaient que l'incident allait dégénérer. Pour la cour, personne ne vient armé à ce point s'il veut simplement discuter.

Sous haute sécurité

L'ensemble du procès à Berne s'est déroulé sous haute sécurité. Des incidents avaient opposé Hells Angels et Bandidos au début des audiences, fin mai. La police avait dû faire usage de balles en caoutchouc et de canons à eau pour éviter une confrontation directe entre les deux gangs rivaux.

Jeudi matin, d'importantes forces de police avaient été déployées, alors que 300 motards de plusieurs clubs s'étaient rassemblés non loin du tribunal, situé près de la gare de Berne. La situation est toutefois restée calme.

Des contacts directs ont eu lieu entre la police et les clubs de motards suisses, a précisé à Keystone-ATS le chef de la police régionale de Berne, Manuel Willli. Le responsable s'est rendu devant le tribunal pour évaluer la situation, tout comme les responsables communal et cantonal de la sécurité, Reto Nause et Philippe Müller.

/ATS
 

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