Plaidoiries de la défense au procès des quatre Irakiens

Le procès des quatre présumés terroristes irakiens s'est poursuivi mercredi à Bellinzone avec ...
Plaidoiries de la défense au procès des quatre Irakiens

Plaidoiries de la défense au procès des quatre Irakiens

Photo: Keystone

Le procès des quatre présumés terroristes irakiens s'est poursuivi mercredi à Bellinzone avec les plaidoiries de la défense. Les avocats de deux d'entre eux ont plaidé l'acquittement.

Selon eux, leurs clients ne sont coupables que d'activité de passeurs. L'avocat du principal accusé, un Irakien de 29 ans qui se déplace en chaise roulante, demande que son client ne soit condamné qu'à une peine pécuniaire de 40 jours-amende à 30 francs avec sursis. L'accusé avait admis lundi avoir encouragé des entrées illégales en Suisse.

Le défenseur du second accusé a lui plaidé pour une peine pécuniaire de 120 jours-amende à 10 francs l'unité avec sursis. Les deux hommes de loi ont estimé que les accusations du Ministère public de la Confédération (MPC) ne reposent sur rien de solide et ne sont qu'une pure histoire virtuelle qui se base sur des 'chats'.

La veille, la procureure avait requis une peine de sept ans et demi de prison contre les deux hommes.

Double sens

Toutes les accusations tournent autour de discussions sur internet. Et si on ne lit pas ces dialogues 'avec des lunettes de terroristes' comme le MPC, ils prennent une autre signification, a fait valoir l'avocat du premier accusé.

Selon ce dernier, le MPC accorde une importance exagérée aux échanges que son client a eus sur Facebook avec Abu Hajar, présumé chef islamiste. Il serait naïf, a-t-il dit, de s'imaginer qu'un homme présenté comme un chef de l'organisation Etat Islamique (EI) prenne le risque de tenir un compte sur Facebook.

Il a également relevé que le compte en question était utilisé par d'autres personnes. Il est par conséquent difficile de savoir avec qui communiquaient son client et d'autres internautes lorsqu'ils se servaient de cette page Facebook.

L'accusé n'a jamais prévu d'attentat, a poursuivi l'avocat. Il a plutôt tenté de propager des informations sur les atrocités commises par le gouvernement du premier ministre irakien Nouri al-Maliki.

Gagner de l'argent

Le défenseur du deuxième accusé a tenté de montrer dans sa plaidoirie que si son mandant a bel et bien agi comme passeur, il l'a fait dans le dessein de gagner de l'argent et non dans l'intention d'aider des membres de l'EI à venir en Europe.

L'accusé s'était également refusé à aller chercher une clé USB en Turquie, car il ne savait pas ce qu'elle contenait. Selon le MPC, elle contiendrait des plans permettant de fabriquer une bombe.

Mais ni clé ni matériel explosif n'ont été retrouvés chez les accusés. C'est bien la preuve, d'après l'avocat, que son client ne s'est pas rendu en Turquie chercher l'objet.

Les plaidoiries de la défense doivent se poursuivre jeudi. La procureure a requis contre les deux autres accusés des peines de cinq ans et demi et de deux ans et demi de prison. Le verdict est prévu le 18 mars prochain.

/ATS


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