Quelque 16'000 placements à des fins d'assistance chaque année

En Suisse, quelque 16'000 personnes sont placées chaque année dans des cliniques psychiatriques ...
Quelque 16'000 placements à des fins d'assistance chaque année

Quelque 16'000 placements à des fins d'assistance chaque année

Photo: KEYSTONE/URS FLUEELER

En Suisse, quelque 16'000 personnes sont placées chaque année dans des cliniques psychiatriques dans le cadre de placements forcés à des fins d'assistance. La fondation Pro Mente Sana déplore le recours trop fréquent selon elle à ces mesures de contrainte.

Un placement à des fins d'assistance dans une institution constitue une restriction importante des libertés, écrit lundi l'organisation. Et la tendance est à la hausse. Environ 40 placements sont ordonnés chaque jour, un nombre supérieur à la moyenne européenne, selon Pro Mente Sana.

Schaffhouse est le canton qui a le plus souvent recours à cette pratique (2,34 placements pour 100'000 habitants), et Appenzell Rhodes-Intérieures, le moins souvent (0,42).

Pro Mente Sana demande une harmonisation des pratiques à l'échelle nationale. Son objectif est de réduire le nombre de placements forcés et de réserver cette mesure à des spécialistes. A Zurich par exemple, où tous les médecins disposant d'un cabinet ont le pouvoir d'ordonner un placement, Pro Mente Sana a recensé près d'une dizaine de mesures de ce type par jour en moyenne.

Très délicat

L'utilité de cette pratique fait l'objet de discussions et de controverses parmi les spécialistes. Pour les patients concernés, un placement forcé est souvent perçu comme extrêmement humiliant. Il arrive régulièrement que la police intervienne, ce qui peut avoir de lourdes conséquences psychiques.

Il est important, souligne encore Pro Mente Sana, de bien informer les personnes concernées de leurs droits et de leurs moyens de recours. Elles devraient être assistées d'une personne de confiance.

Les conditions requises pour un placement à des fins d'assistance peuvent être un dérangement psychique, un handicap intellectuel ou une situation de désarroi profond, un grave laisser-aller. L'usage de drogues est parfois concomitant, sinon la cause.

L'objectif de Pro Mente Sana est de sensibiliser les autorités de protection de l'adulte et de l'enfant ainsi que les milieux de la santé concernés, les patients et l'opinion publique. Une table ronde sera mise sur pied début 2023.

/ATS
 

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