Quinze ans après le raz-de-marée en Asie

Le jour de la Saint-Etienne marquera le 15e anniversaire d'une des catastrophes naturelles ...
Quinze ans après le raz-de-marée en Asie

Quinze ans après le raz-de-marée en Asie

Photo: KEYSTONE/EPA/HS GT

Le jour de la Saint-Etienne marquera le 15e anniversaire d'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l'Histoire qui avait coûté la vie à près d'un quart de million de personnes: le raz-de-marée de 2004 dans l'Océan indien.

Ce tsunami avait notamment tué quelque 110 Suisses, la plupart faisant du tourisme à Khao Lak, dans le sud de la Thaïlande. L'un d'eux était l'écrivain lucernois Otto Marchi.

A Khao Lak, la catastrophe s'est déclenchée le 26 décembre vers 10h00. La mer s'est brusquement vidée. Beaucoup se sont alors précipités sur la plage devenue immense. A l'horizon, de la dentelle d'écume se rapprochait.

Quelques observateurs se sont alarmés, sachant que le retrait de la mer est le signe avant-coureur d'une vague monstrueuse, un raz-de-marée.

Etages salvateurs

Ceux qui l'ont compris ont fui vers l'intérieur des terres, sur des collines ou dans les étages d'hôtels solidement bâtis. Les autres ont été happés par un mur d'eau, avant d'être rejetés violemment à la mer.

Quand l'eau s'est retirée, d'innombrables cadavres de personnes heurtées par les débris des infrastructures brisées par la vague jonchaient le sol. Les survivants cherchaient désespérément des proches, alors que les blessés tentaient de se débrouiller pour atteindre des hôpitaux pris d'assaut où leurs blessures étaient colmatées dans l'urgence avec du papier et du ruban adhésif.

Sur les plus de cent victimes suisses, une douzaine ont été identifiées dans les heures et les jours suivants par des proches. La plupart des autres l'ont été au cours de l'année 2005 grâce à des comparaisons d'ADN. Cinq étaient toujours portés disparus une année après la catastrophe.

Séisme de 9,3

Que s'est-il passé? A 07h59 heure locale le 26 décembre, un séisme de magnitude 9,3 (le plus important de la planète depuis 1960) se produit à une centaine de kilomètres au large de l'île indonésienne de Sumatra, à seulement 30 km sous le fond de la mer. Après des années de tension, deux gigantesques plaques continentales se séparent sur une longueur de 1000 km.

Le séisme dure dix minutes, au lieu des quelques secondes habituelles. Il provoque de gigantesques vagues, lancées à la vitesse d'un avion à réaction sur les côtes asiatiques et jusqu'en Afrique.

Problème de communication

Bien avant que les vagues n'atteignent les côtes, le potentiel de destruction de la secousse est rapidement clair pour les sismologues du centre d'alerte aux tsunamis du Pacifique de Hawaï. Ceux-ci ne trouvent toutefois pas d'interlocuteurs dans les régions concernées pour donner l'alerte.

Un système d'alerte aux raz-de-marée a, depuis, été mis sur pied entre l'Indonésie et la Thaïlande. Tremblements de terre, changements du niveau de la mer et vagues sont mesurés en temps réel, et les données envoyées automatiquement à une centrale d'alarme occupée 24 heures sur 24 à Djakarta. Les communautés côtières sont ensuite averties en dix minutes au plus.

Selon Jörn Lauterjung, du centre de recherche géologique de Potsdam, une catastrophe telle que celle de 2004 ne devrait plus se produire, pour autant que ce système d'alerte qu'il a contribué à développer sur place soit correctement entretenu. Des séismes aussi violents sont également rares, ne survenant que tous les 400 à 700 ans, d'après lui.

Collecte record en Suisse

En Suisse, le 5 janvier 2005 avait été déclaré Journée de deuil national. La collecte organisée le même jour par la Chaîne du Bonheur avait permis de rassembler 227 millions de francs, soit la plus forte somme de l'histoire de cette organisation.

Le 7 janvier, le Conseil fédéral avait décidé de lancer une opération d'assistance en Indonésie, pays le plus touché par la catastrophe, avec trois hélicoptères de transport et une cinquantaine de soldats. Quelque 160 tonnes d'aide ont été acheminées à Sumatra.

/ATS