Réchauffement: des pelouses alpines brunes plutôt que vertes

De nombreuses plantes profitent de périodes de végétation plus longues grâce au réchauffement ...
Réchauffement: des pelouses alpines brunes plutôt que vertes

Réchauffement: des pelouses alpines brunes plutôt que vertes

Photo: Université de Bâle/Patrick Möhl

De nombreuses plantes profitent de périodes de végétation plus longues grâce au réchauffement climatique. Ce n'est toutefois pas le cas du principal type de tapis herbeux alpin, selon une étude bâloise.

Avec les printemps de plus en plus chauds, la neige fond rapidement en altitude, ce qui entraîne une croissance plus précoce de la végétation, a indiqué jeudi l'Université de Bâle dans un communiqué.

L'équipe d'Erika Hiltbrunner, au Département des sciences de l'environnement, a voulu savoir si ce type de départ précoce a une influence sur la croissance et le vieillissement de la laîche courbée (Carex curvula), une herbacée gazonnante dominante entre 1500 et 3000 mètres d'altitude.

Les scientifiques ont placé des blocs de gazon alpin dans des chambres climatisées de l'Institut de botanique à Bâle. Ils ont été hivernés artificiellement, puis 'réveillés' en février pour certains et en avril pour d'autres. Croissance et vieillissement ont ensuite été comparés avec des échantillons naturels prélevés à 2500 mètres d'altitude et qui ne sont sortis de la neige qu'à fin juin.

Horloge interne stricte

Résultats: l'étude montre que la plupart des plantes alpestres, et en particulier la laîche courbée, cessent de croître après cinq à sept semaines et entament alors un processus de vieillissement. Et ce indépendamment du moment auquel elles ont été réveillées. Le gazon vert se transforme alors en tapis brun.

L'équipe a également constaté que la croissance des racines suit le même schéma. Chez les plantes réveillées tôt, elle cesse au bout de deux mois environ même si le sol est encore chaud.

Certaines plantes ont cependant une horloge interne moins stricte et restent actives plus longtemps si les conditions sont favorables. Elles pourraient repousser à l'avenir les espèces aujourd'hui dominantes, selon les auteurs de cette recherche publiée dans la revue Nature Communications.

Cela devrait prendre du temps, des décennies probablement, car la laîche courbée a un réseau de racines extrêmement dense et ne se laissera pas facilement déloger, soulignent les scientifiques. La conséquence est que les pelouses alpines pourraient de plus en plus prendre un aspect brun dès l'été venu.

/ATS
 

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