Recours d'un footballeur condamné à la suite d'une action de jeu

Le footballeur condamné avec sursis par la justice st-galloise pour lésions corporelles par ...
Recours d'un footballeur condamné à la suite d'une action de jeu

Recours d'un footballeur condamné à la suite d'une action de jeu

Photo: KEYSTONE/PETER SCHNEIDER

Le footballeur condamné avec sursis par la justice st-galloise pour lésions corporelles par négligence à la suite d'une action de jeu en ligue inférieure fait recours. Un juriste spécialisé dans le sport craint que ce jugement ne provoque une avalanche de plaintes.

C'est désormais le tribunal cantonal st-gallois qui devra se pencher sur cette affaire. En première instance devant le tribunal de district de Wil (SG), le joueur a été condamné à une peine pécuniaire avec sursis de 10 jours-amendes à 30 francs (300 francs).

Le footballeur a décidé de faire recours dans le but d'obtenir un acquittement, a indiqué à l'ats son avocat Lucien Valloni. Selon le jugement de première instance, son client doit payer 6000 francs d'indemnité à sa victime.

Les faits remontent au mois de mai 2016. La deuxième équipe du FC Henau recevait une équipe amateur du FC Wil pour un match de 4e ligue. L'action litigieuse s'est déroulée dans la surface de réparation: l'attaquant d'Henau a été percuté au genou en pleine course par le gardien de Wil qui est intervenu jambes et crampons en avant.

Carton jaune

Cette faute grossière n'a valu qu'un carton jaune au gardien et un penalty en faveur de l'équipe d'Henau. Le joueur blessé a été immédiatement hospitalisé et opéré. Il a ensuite été placé en congé de maladie pendant plusieurs mois.

Le juge unique du tribunal de district de Wil a qualifié la faute du gardien de 'violation crasse des règles du jeu'. Le joueur a manqué à son devoir de précaution. Avec ce jugement, le tribunal estime qu'il fixe là une limite entre dureté autorisée et excessive.

Et le juge d'ajouter: 'j'espère que ça servira le football'. Tout en reconnaissant néanmoins que le joueur n'avait pas l'intention de blesser son adversaire.

Pas de négligence, selon la défense

L'avocat du joueur veut obtenir l'acquittement de son client en deuxième instance, car le gardien n'a fait que son devoir qui est d'empêcher un but. Il y a eu un choc, mais il n'y a pas eu de négligence de sa part. De telles fautes font partie de ce sport. Lucien Valloni estime également que l'avis de l'arbitre n'a pas été pris suffisamment en compte par le tribunal.

Il est très rare qu'un fait de jeu finisse devant un tribunal et même exceptionnel qu'il débouche sur une condamnation. Robert Breiter, qui travaille depuis quinze ans au département juridique de l'Association suisse de football (ASF) n'a connu que cinq cas, toutes ligues confondues, avait-il indiqué à l'ats à l'issue du jugement de première instance en septembre.

Au plus haut niveau, il fait référence à deux cas. Il s'agit des affaires ayant opposé Lucien Favre à Gabet Chapuisat en 1985 et celle entre Sandro Wieser et Gilles Yapi en 2014. Ces deux cas exceptés, l'affaire jugée à Wil est la première qui aboutit à une condamnation, selon Robert Breiter.

Risque d'une vague de plaintes

Juriste spécialisé dans le sport, Rolf Müller estime que le jugement du tribunal de Wil pourrait entraîner une vague de plaintes pour des fautes commises durant les matchs. 'Ce genre d'affaire devrait être réglé directement sur la pelouse ou à l'interne (de l'association sportive concernée) et pas au tribunal', avait-il déclaré dans une interview accordée au quotidien alémanique gratuit Blick am Abend.

Pour Robert Breiter, il faut clairement distinguer une agression ou voie de fait survenant sur le terrain, mais hors du jeu proprement dit, d'une blessure occasionnée par un contact dans le cours du jeu. Autant, dans le premier cas, une procédure judiciaire s'explique et les cas ne sont pas exceptionnels. Autant il paraît déplacé de faire appel à la justice pénale pour régler ce qui n'est rien d'autre qu'un fait de jeu.

/ATS
 

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