Santésuisse moins optimiste qu'A. Berset sur les effets de Tarmed

Le Conseil fédéral va trop vite en besogne quand il attend du nouveau Tarmed des économies ...
Santésuisse moins optimiste qu'A. Berset sur les effets de Tarmed

Santésuisse moins optimiste qu'A. Berset sur les effets de Tarmed

Photo: Keystone

Le Conseil fédéral va trop vite en besogne quand il attend du nouveau Tarmed des économies équivalant à 1,5 point sur les primes maladie 2018, estime santésuisse. Plus prudente, la faîtière des assureurs juge qu'on n'en saura rien avant neuf mois.

Aujourd'hui déjà santésuisse a exprimé ses gros doutes sur les effets positifs de la révision du tarif médical (Tarmed). Au contraire, elle attend plutôt des surcoûts, qu'elle estime à 149 millions de francs par an, dus à la revalorisation des prestations en l'absence du patient. Au lieu de trois consultations de 5 minutes par trimestre, le médecin pourra s'en faire rembourser six.

Or pour santésuisse, les coûts pour la prestation en l'absence du patient ont augmenté chaque année, quand bien même la majorité des médecins ont facturé moins de 30 minutes par trimestre. Avec la nouvelle limitation, on court le risque que, l'année prochaine, le nombre, et par conséquent les coûts de ces prestations, augmentent une nouvelle fois fortement.

Interrogée par l'ats mardi, lors d'une conférence de presse à Berne, sur ce procès d'intention et un manque de confiance envers les médecins, la directrice de santésuisse Verena Nold a assuré qu'elle 'a confiance dans leurs traitements'. Elle n''accuse pas les médecins qui veulent gagner de l'argent. Comme toutes les entreprises, ils ont aussi des coûts', admet-elle.

L'offre crée la demande

Autre problème avec les médecins, leur nombre. Il a augmenté dans des proportions bien plus fortes que celui de la population. Entre 2012 et 2016, cette dernière a crû de 5% pendant que le nombre de médecins augmentait de quelque 15%, dont 9,2% pour ceux de premier recours et 19,5% pour les spécialistes. L'offre créée la demande, constate santésuisse.

Une affirmation qui est aussi vraie s'agissant des hospitalisations stationnaires. C'est dans les cantons où l'on trouve le plus grand nombre d'hôpitaux, et les plus performants, que le coûts sont les plus élevés.

L'accroissement des coûts est favorisé par celui des volumes. Ceux-ci subissent l'influence de la hausse du nombre de médecins exerçant en ambulatoire et de la revalorisation accordée via Tarmed par le Conseil fédéral aux médecins de premier recours, résume santésuisse.

Les médecins se défendent

Les médecins ne voient pas la situation de la même manière. Selon eux, le problème est en partie dans le remède. Si la prestation médicale en l'absence du patient a augmenté, c'est la faute à une charge administrative envahissante qui comprend aussi les questions et travaux effectués à la demande des assureurs maladie et les renseignements donnés aux autorités. La FMH demande que le contenu de cette position soit différencié afin de créer davantage de transparence.

Un médecin de premier recours sur deux juge la charge administrative en lien avec les assurances comme très problématique, affirme la Fédération des médecins suisses. Et un tiers d'entre eux considèrent également problématiques les tâches administratives liées à la saisie de données cliniques ou à la collecte de données relatives à la qualité pour les institutions étatiques ou non étatiques, ajoute la FMH, citant l’enquête International Health Policy Survey 2015 du Commonwealth Fund.

La conséquence ne porte pas que sur les coûts. Par rapport à 2012, la part des médecins de premier recours en mesure de consacrer au moins 75% de leur temps de travail aux patients a fortement chuté: ils étaient 60% en 2012, contre seulement 45% en 2015.

Et le tableau diffère peu pour les médecins hospitaliers. Leurs activités auprès des patients ont aussi sensiblement diminué depuis 2011.

Réduire l'administratif

Dans le domaine des soins aigus, les médecins ne peuvent consacrer plus qu’un tiers de leur temps de travail aux patients, comme le montre l’étude concomitante 2015 de la FMH relative à l’introduction du nouveau financement hospitalier. En 2015, les médecins en soins aigus ont consacré près de 15 minutes de plus par jour en moyenne aux travaux de documentation par rapport à 2011.

Pour la fédération, des mesures doivent être prises à différents niveaux pour répondre à l’augmentation des coûts de la santé. D’un côté, la FMH veut définir et éviter les prestations médicales inutiles et, de l’autre, réduire le travail administratif en constante augmentation et coûteux, pour que les médecins consacrent davantage de temps au traitement des patients.

Par ailleurs, la FMH défend un financement uniforme des traitements ambulatoires et hospitaliers. Une solution partagée par santésuisse, qui en revanche, propose de nouvelles vérifications systématiques des prestations.

/ATS
 

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