Seule la gauche s'oppose au programme d'économies

Une première cure d'austérité attend la Confédération. Le National a entamé lundi le débat ...
Seule la gauche s'oppose au programme d'économies

Seule la gauche s'oppose au programme d'économies

Photo: Keystone

Une première cure d'austérité attend la Confédération. Le National a entamé lundi le débat sur le programme de stabilisation 2017-2019. Seule la gauche s'y oppose. Les décisions tomberont mardi.

Le Conseil fédéral propose de raboter, par rapport au plan financier du 1er juillet 2015, 796 millions en 2017, 898 millions en 2018 et 978 millions en 2019. Et un nouveau programme d'économies de l'ordre de 1,5 milliard par an est d'ores et déjà prévu.

Le camp rose-vert ne veut pas en entendre parler. Il propose de renoncer purement et simplement au programme en cours. A défaut, le Conseil fédéral devrait, au lieu d'économies, revoir la règle du frein à l'endettement et prévoir des mesures du côté des recettes (s'attaquer à l'évasion fiscale, abolir l'amnistie fiscale individuelle, taxer davantage les dividendes).

Chaque année, le Conseil fédéral joue les Cassandre mais au final la Confédération engrange régulièrement des bénéfices, a critiqué Philipp Hadorn (PS/SO). Ces économies privent les pouvoirs publics des moyens pour des prestations toutefois nécessaires.

Elles empêchent en outre des investissements qui jouent un rôle de moteur pour l'économie, a ajouté Mattea Meyer (PS/ZH). Et tout ça pendant que des milliards de francs échappent à l'impôt et que les entreprises profitent de privilèges fiscaux, que seront renforcés avec la 3e réforme de leur imposition.

Ne pas s'endetter

La droite ne souscrira pas aux propositions de la gauche. Le franc fort pèse sur la croissance et donc sur les recettes, a souligné Hans-Ulrich Bigler (PLR/ZH) au nom de la commission. Une hausse de la dette entraînerait le pays dans une situation dramatique.

Quant à l'excédent de 2 milliards prévu dans les comptes cette année, il est essentiellement dû au fait que les entreprises, vu le faible niveau des taux d'intérêt, préfèrent payer leurs impôts à l'avance, a poursuivi le libéral-radical.

Epée de Damoclès

L'analyse des diverses mesures proposées prendra des heures. L'agriculture, la formation et la recherche devraient s'en sortir mieux que prévu. Mais une lourde épée de Damoclès pèse sur l'aide au développement et l'administration fédérale. Des coupes supplémentaires de 100 millions pourraient frapper chacun de ces domaines en 2018 et en 2019.

Les plus acharnés à vouloir économiser, sauf sur le dos des paysans, seront les représentants de l'UDC, qui dénoncent une hausse continue des charges. Selon la droite, le programme ne contient pas de coupes mais vise à stopper la progression des dépenses.

Un avis partagé par le démocrate-chrétien Schwyzois Alois Gmür. Le PDC et le PBD tenteront toutefois de résister avec la gauche aux assauts de la majorité UDC/PLR, notamment contre le personnel fédéral et la coopération internationale.

/ATS


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