Un Suisse de 31 ans jugé pour recel d'antiquités à Muttenz (BL)

Un Suisse de 31 ans accusé entre autres de recel professionnel comparaît depuis mercredi matin ...
Un Suisse de 31 ans jugé pour recel d'antiquités à Muttenz (BL)

Un Suisse de 31 ans jugé pour recel d'antiquités à Muttenz (BL)

Photo: Keystone

Un Suisse de 31 ans accusé entre autres de recel professionnel comparaît depuis mercredi matin devant le Tribunal pénal du canton de Bâle-Campagne. Pendant des années, il avait revendu sur Internet des antiquités acquises à l'étranger dans des conditions illégales.

L'intéressé avait développé un commerce professionnel d'antiquités, selon l'acte d'accusation. Entre 2008 et mars 2012, ces activités lui ont rapporté 637'000 francs. Il est également accusé de blanchiment d'argent répété et d'infractions à la loi sur le transfert des biens culturels.

Lors de voyages en Turquie, en Serbie et en Autriche, l'accusé, alors étudiant en droit, a acquis des pièces de monnaie grecques, romaines et byzantines ainsi que des objets antiques tels que des pointes de flèches, des fibules et des bracelets pour au moins 117'000 francs.

Une partie de ces objets ont été achetés auprès de paysans et d'intermédiaires locaux. A Vienne, l'accusé avait également tissé un vaste réseau de fournisseurs. La plupart des pièces provenaient de pillages et de trafics illégaux. Il en a importé une partie lui-même, se faisant livrer le reste.

Une dépendance

L'accusé, titulaire d'un diplôme universitaire, a reconnu l'essentiel des faits devant le tribunal pénal. Il s'intéressait aux pièces de monnaie antiques depuis l'enfance et trouvait nettement plus passionnant de les acheter sur place ou de creuser pour les trouver que de les acquérir auprès de revendeurs agréés ou dans des ventes aux enchères. Rétrospectivement, il reconnaît avoir développé une dépendance.

Il conteste cependant que la recherche de pièces de monnaie puisse constituer une activité illégale. Ce sont des objets qui n'appartiennent à personne et sur lesquels l'Etat ne saurait faire valoir des prétentions, soutient-il. Quant à la loi sur le transfert des biens culturels, elle ne concernerait pas les pièces de monnaie, selon lui.

Comptes dans trois pays

L'accusé a écoulé un nombre considérable de pièces de monnaie et objets sur des plates-formes de commerce en ligne (sous plusieurs noms d'utilisateur), sur son propre site Internet, ainsi que par courrier électronique. Sa base de données recense quelque 5000 clients.

Les paiements arrivaient sur des comptes ouverts dans plusieurs banques en Suisse, en Allemagne et en Autriche. Un des comptes avait même été ouvert à l'adresse de la résidence secondaire de ses parents. Quant aux documents, il les avait enterrés dans son jardin. Il possédait encore un compte en Turquie.

Ce commerce lui permettait de se procurer d'autres pièces d'une plus grande valeur à ses yeux, et également de financer ses voyages, a-t-il déclaré devant le tribunal. La multiplication des plates-formes lui a permis d'augmenter rapidement son chiffre d'affaires.

14'300 pièces de monnaie saisies

L'homme, qui résidait près de Bâle, a été arrêté en avril 2012. Les autorités étaient intervenues sur plainte du Service spécialisé en matière de transfert international des biens culturels de l'Office fédéral de la culture. Des perquisitions de domiciles et de coffres dans des banques en Suisse, en Allemagne et en Autriche avaient permis de saisir quelque 14'300 pièces de monnaie et 2500 objets antiques.

Aujourd'hui, le prévenu vit retiré avec son épouse dans les montagnes suisses, selon ses déclarations. Il gagne sa vie en vendant des cristaux sur internet et comme manoeuvre. Le couple gagne moins de 1000 francs par mois. Le verdict est attendu mercredi prochain.

/ATS


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