Appel à la violence: l'imam dit ne pas avoir compris ses propos

L'imam de la mosquée An'Nur, accusé d'appel à la violence, a dit jeudi devant le tribunal de ...
Appel à la violence: l'imam dit ne pas avoir compris ses propos

Appel à la violence: l'imam dit ne pas avoir compris ses propos

Photo: KEYSTONE/WALTER BIERI

L'imam de la mosquée An'Nur, accusé d'appel à la violence, a dit jeudi devant le tribunal de district de Winterthour (ZH) ne pas avoir compris les propos qu'il a tenus lors de son prêche. Un rapport d'expert constate qu'il maîtrise parfaitement l'arabe classique.

L'accusation se base sur un enregistrement du prêche incriminé effectué par une personne privée le 21 octobre 2016 à la mosquée An'Nur de Winterthour, a indiqué la procureur devant les juges. A la suite d'une perquisition, les enquêteurs ont également trouvé la version écrite du prêche dans l'ordinateur de l'imam.

Ce dernier, un ressortissant éthiopien de 25 ans, a nié avoir été imam de cette mosquée. Il a en revanche reconnu avoir prêché le 21 octobre. Il n'a pas voulu s'exprimer devant les juges sur le contenu de son prêche.

Selon l'acte d'accusation, le prévenu a déclaré que les musulmans qui ne priaient pas dans la communauté devaient être 'bannis, rejetés, évités et calomniés jusqu'à ce qu'ils y reviennent'. Et que s'ils persistaient, ils devaient être tués, même s'ils priaient chez eux, rapporte l'acte d'accusation.

Le prévenu a également cité des propos du prophète disant que les musulmans qui se tiennent éloignés de la communauté doivent être brûlés dans leurs maisons. Il a ajouté que ceux qui regroupent les cinq prières quotidiennes devaient également être punis.

Représentations brutales de meurtres

Le Ministère public reproche aussi à cet imam d'avoir 'liké' et partagé sur Facebook des représentations brutales de meurtres. L'Ethiopien, requérant d'asile, est en outre accusé d'avoir travaillé pendant quatre semaines sans disposer des autorisations nécessaires et d'avoir ainsi violé la loi sur les étrangers.

Le Ministère public demande une peine de 18 mois avec sursis et une expulsion de 15 ans. Le prévenu a été arrêté le 2 novembre 2016 et se trouve depuis en détention préventive. Requérant d'asile, sa demande a entre-temps été rejetée.

Quinze ans est la durée maximale d'une expulsion dans le cas des délits reprochés au prévenu. Si une expulsion est prononcée, le renvoi pourrait s'avérer difficile. En effet, la Suisse n'a pas d'accord de réadmission avec l'Ethiopie.

/ATS