Un site d'annonces pour les travailleurs du sexe en Suisse romande

Les associations Aspasie (Genève) et Fleur de Pavé (Lausanne) actives auprès des travailleurs ...
Un site d'annonces pour les travailleurs du sexe en Suisse romande

Un site d'annonces pour les travailleurs du sexe en Suisse romande

Photo: KEYSTONE/JEAN-CHRISTOPHE BOTT

Les associations Aspasie (Genève) et Fleur de Pavé (Lausanne) actives auprès des travailleurs du sexe lancent le premier site internet gratuit de petites annonces érotiques en Suisse romande. Un projet indispensable à leur mission de prévention à l'heure d'internet.

'Le web est devenu central dans le travail du sexe, la prostitution de plus en plus mobile en Suisse et dans l'Union européenne', a déclaré Silvia Pongelli, directrice de Fleur de Pavé mardi devant la presse à Lausanne. Face à cet éclatement géographique, les associations de prévention qui vont sur le terrain ne rencontrent plus ou pas un grand nombre de travailleurs du sexe (TdS), a-t-elle expliqué.

Aspasie et Fleur de Pavé ont décidé de lancer un projet novateur qui permet d'investir les sites d'annonces en ligne où les travailleurs du sexe (TdS) et leurs clients convergent. Son objectif: créer du lien avec des personnes parfois très isolées et faire passer les messages de prévention nécessaires à une prostitution plurielle, aujourd'hui difficile à chiffrer.

Unique et novateur

Lancé mardi, le site 'Call me to play' est unique en Suisse et ailleurs. Il s'adresse à toute personne travailleuse du sexe, quelle que soit son identité de genre et son orientation sexuelle, a noté Mme Pongelli. Il est également destiné aux tenanciers de salon et aux clients difficilement atteignables de manière proactive.

La plate-forme se veut ludique, entre vignettes coquines et pop-up didactiques. L'objectif est de transmettre aux TdS des conseils utiles et fiables, par exemple sur le cadre légal et les conditions de travail et des informations de santé, de prévention, a ajouté la directrice de Fleur de Pavé.

Mais aussi de les défendre contre les violences, abus et pièges dont ils peuvent être victimes sur le marché du sexe en ligne, lutter contre leur stigmatisation et leur permettre une plus grande autonomie. De leur côté, les clients et les patrons de salon seront sensibilisés aux bonnes pratiques. Ils pourront s'adresser aux associations s'ils ont des questions.

Des garanties

Avantage pour les TdS, l'inscription est gratuite, a expliqué Mme Pongelli. Car les sites d'annonces privés existants sont à la fois onéreux et généraux. Il s'agit avant tout de marketing: ils sont faits généralement pour les clients et n'abordent aucun sujet de prévention, a-t-elle relevé.

Autre point fort, les TdS peuvent faire appel à un réseau de photographes 'TdS friendly', qui les respectent, ainsi que leur travail. De leur côté, les clients auront la garantie que la photo est bien celle de la personne qu'ils vont rencontrer, a détaillé Zoé Blanc-Scuderi, coresponsable du projet.

Profils divers

De leur côté, les TdS pourront inscrire leurs tarifs et disponibilités, leurs pratiques, des critères physiques, mais aussi insérer du texte librement. 'On souhaite appuyer le côté humain, montrer qu'il y a des personnes derrière ces profils', a souligné la coresponsable.

Pour les associations, le site permettra un monitoring des pratiques et des nouveaux lieux où s'exercent les métiers du sexe, et de diffuser les messages de prévention. Mais aussi de découvrir le profil des TdS, des escortes occasionnelles en passant par les étudiantes et les migrantes. A terme, Aspasie et Fleur de Pavé espèrent de 1000 à 2000 inscriptions.

Cinq langues

Le site qui a reçu un très bon accueil du côté des professionnels a été réalisé dans les cinq langues les plus usitées dans le travail du sexe (français, anglais, roumain, espagnol, hongrois). Un développement pourrait être envisagé au Tessin et en Suisse alémanique, selon les responsables.

Lancé en 2016, le projet s'est concrétisé grâce à quelques financements de l'Office fédéral de la santé publique, de Fedpol et de CoRom, la coordination romande des antennes sida. Son coût s'est monté à environ 90'000 francs sur trois ans.

/ATS
 

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