Une fondation pour positionner la Suisse sur des thèmes émergents

La Suisse doit renforcer sa position comme Etat hôte d’organisations internationales. Pour ...
Une fondation pour positionner la Suisse sur des thèmes émergents

Une fondation pour positionner la Suisse sur des thèmes émergents

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

La Suisse doit renforcer sa position comme Etat hôte d’organisations internationales. Pour l'y aider, le Conseil fédéral s'est accordé mercredi sur une enveloppe de 111,8 millions pour la période 2020-2023 et a approuvé la création d'une nouvelle fondation à Genève.

Baptisée 'Geneva Science and Diplomacy Anticipator', l'organisation doit établir Genève comme le lieu où sont discutées les nouvelles thématiques qui occuperont la scène mondiale ces prochaines décennies. Par exemple les avancées de la génétique modifiant les pratiques de la médecine et de l'agriculture ou l’impact de l’intelligence artificielle sur le travail.

La fondation doit également rapprocher le monde scientifique et le monde diplomatique. Elle sera présidée par l'ancien patron de Nestlé Peter Brabeck. L'ancien président de l'Ecole polytechnique fédérale de Lausanne Patrick Aebischer en sera le vice-président.

Le but est de mettre à disposition de la communauté internationale un instrument flexible permettant de catalyser le travail des organisations internationales pour traiter rapidement les thèmes de la diplomatie multilatérale du 21e siècle.'L'évolution technologique est si rapide qu'on a le sentiment que la politique n'arrive pas à suivre et à anticiper le cadre légal nécessaire', a expliqué M.Brabeck à la presse. Or l'anticipation est cruciale.

Soutien genevois

Cofondée par la Confédération et l’Etat de Genève, la fondation sera financée par le Département des affaires étrangères à hauteur de 3 millions de francs sur trois ans (phase pilote entre 2019 et 2022). Sous réserve du feu vert de leurs parlements, le canton et la ville de Genève participeront également à hauteur de 300'000 francs chacun. Le mécénat apportera lui aussi une contribution.

Le Conseil fédéral a besoin d'autres moyens pour renforcer la compétitivité de la Suisse comme place d'accueil de la diplomatie internationale et multilatérale. Il demande au Parlement de prévoir au total à 111,8 millions de francs, soit un peu moins que les 117,2 millions pour la période 2016-2019.

Pas de 'think tanks' étrangers

Selon le gouvernement, les défis n'ont pas fondamentalement changé depuis 2013. L'actuelle stratégie sera donc poursuivie, moyennant quelques adaptations. La promotion de la Genève internationale et la communication sur le travail qui y est mené seront poursuivies, mais la volonté d’installer des' think tanks' étrangers à Genève est abandonnée.

De nouveaux objectifs seront ajoutés comme le soutien à la tenue de réunions diplomatiques visant à la résolution de crises ou l’amélioration des conditions-cadres pour les ONG. Le rôle de ces dernières est de plus en plus important dans le fonctionnement de la Genève internationale, justifie le gouvernement.

73 millions pour l'accueil

Dans le détail, un plafond de dépenses de 72,9 millions de francs est prévu pour renforcer le dispositif d'accueil, dont 32,4 millions pour le soutien aux infrastructures et 14,1 millions pour les conférences ou négociations de paix.

S'y ajoute un crédit-cadre de 8 millions pour quatre ans pour les constructions. A noter au passage que la Fondation des immeubles pour les organisations internationales ayant fait des bénéfices, elle verra sa subvention fédérale réduite de 700'000 francs par an à 2,8 millions sur quatre ans.

Le développement du réseau de réflexion et de savoir-faire suisse et genevois devrait coûter au plus 24,9 millions, surtout pour la mise en oeuvre de plateformes de réflexion. Un montant de 5,6 millions sera dévolu à l'ouverture de missions permanentes et la sensibilisation à l'importance d'être présent à Genève. Les dépenses pour les autres axes de la stratégie sont sous la barre du million.

La stratégie passe en premier lieu par la promotion de la place genevoise car celle-ci accueille à elle seule 37 organisations internationales, plus de 380 organisations non gouvernementales (ONG) et les représentations permanentes de 177 Etats membres de l’ONU. 'Rien n'est acquis, les menaces de délocalisations sont continuelles', a souligné le ministre des affaires étrangères Ignazio Cassis en évoquant la nécessité de rester proactif.

/ATS
 

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