Une grande soeur de la Terre dans un système voisin

Une équipe internationale d’astronomes avec participation genevoise a découvert une exoplanète ...
Une grande soeur de la Terre dans un système voisin

Une grande soeur de la Terre dans un système voisin

Photo: UNIGE/Anne Van der Stegen

Une équipe internationale d’astronomes avec participation genevoise a découvert une exoplanète à peine trois fois plus massive que la Terre. Il s'agit de la troisième plus proche de notre système solaire.

Scruter les atmosphères des planètes extra-solaires, en particulier de celles ressemblant à la Terre, est l’un des principaux objectifs de l’astronomie. Il est d’autant plus difficile à atteindre quand la planète est petite, a indiqué mercredi l'Université de Genève (UNIGE) dans un communiqué.

'Dans les années à venir, des observations permettant d’analyser les atmosphères d’exoplanètes de type terrestre ne seront possibles qu’à condition que l’exoplanète soit proche de nous', explique Nathan Hara, chercheur au Département d’astronomie de l’UNIGE et membre du Pôle de recherche national PlanetS, cité dans le communiqué.

La nouvelle exoplanète, GI411b, se trouve en orbite autour de l’étoile GI411, située à huit années-lumière de notre système solaire, dans la constellation de la Grande Ourse.

'Sa proximité et sa luminosité en font une cible idéale pour les futurs télescopes géants comme l’ELT européen, qui devraient nous permettre d’analyser son atmosphère', ajoute Rodrigo Diaz, chercheur à l’Université de Buenos Aires et premier auteur de l’étude.

Naines rouges

La détection de GI411 est le résultat d’un programme de recherche de planètes orbitant autour des étoiles de type 'naines rouges', de petites étoiles dont la masse est inférieure de moitié à celle du Soleil.

'Les naines représentent 80% des étoiles de notre galaxie, et sont donc majoritaires parmi les étoiles entourant notre système solaire', poursuit Nathan Hara. 'De plus, la moindre masse de ce type d’étoiles les rend plus sensibles à l’influence gravitationnelle d’un éventuel compagnon planétaire, ce qui facilite leur détection'.

Pour chercher des planètes, le groupe d’astronomes qui a réalisé la détection utilise le spectrographe SOPHIE, développé en partie à l'UNIGE et mis en service il y a douze ans. Cet instrument est installé sur le télescope de 193 cm de l’Observatoire de Haute Provence, le même télescope qui a permis la découverte de la toute première planète extra-solaire par Michel Mayor en 1995.

Trop proche de son étoile

En mesurant très précisément la vitesse de l’étoile GI411 à 155 instants différents répartis sur plusieurs années, SOPHIE a détecté de très petits mouvements. Une étude approfondie a montré qu’ils sont provoqués par une planète, alors qu’elle suit son orbite autour de l’étoile.

La période orbitale la plus probable est de 13 jours, ce qui implique une distance entre la planète et l’étoile égale à 0,08 UA (unité astronomique égale à la distance entre la Terre et le Soleil): GI411b est donc cinq fois plus proche de son étoile que Mercure ne l’est de notre Soleil, selon ces travaux publiés dans la revue Astronomy & Astrophysics.

Bien que l’étoile GI144 soit nettement plus froide que le Soleil, sa planète est tellement proche qu’elle reçoit tout de même 3,5 fois plus d’énergie que la Terre. La planète GI411b ne se situe donc pas dans la zone habitable de son étoile et il est probable qu’elle ait davantage de points communs avec Vénus qu’avec la Terre, conclut l'UNIGE.

/ATS
 

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