Vaud: les centres de vaccination ont ouvert leurs portes

Quatre centres vaudois ont démarré lundi leurs vaccinations. Le dispositif va progressivement ...
Vaud: les centres de vaccination ont ouvert leurs portes

Vaud: les centres de vaccination ont ouvert leurs portes

Photo: KEYSTONE/LAURENT GILLIERON

Quatre centres vaudois ont démarré lundi leurs vaccinations. Le dispositif va progressivement monter en puissance. A Morges, le Prix Nobel Jacques Dubochet a reçu une première dose. Vaud espère vacciner 100'000 personnes d'ici fin février. Visite au CHUV à Lausanne.

C'est parti: à Lausanne, Yverdon-les-Bains, Morges et Gland, quelques centaines de volontaires ont reçu lundi leur première injection. Après la vaccination en EMS par les équipes mobiles, les personnes de 75 ans et plus, et celles qui souffrent d'une maladie chronique sévère, peuvent à leur tour recevoir une première dose de vaccin. Ils étaient entre 150 et 200 annoncés lundi à Lausanne.

Au rez-de-chaussée du CHUV, peu après le hall d'entrée, un espace a été aménagé pour cette opération sans précédent. Le patient passe un premier contrôle - a-t-il bien un rendez-vous, a-t-il eu de la fièvre dans les 24 heures qui précèdent -, puis obtient un ticket vert pour patienter en salle d'attente. Ou orange, et il va voir un soignant, explique Patrick Genoud, coordinateur du centre.

Le patient est ensuite appelé dans l'un des dix box d'admission, puis emmené en box de vaccination. Après l'injection, il reste en observation - assis ou couché - une quinzaine de minutes dans la zone prévue, voire plus longtemps en cas de besoin.

Montée en puissance

Les quatre centres démarrent avec des capacités réduites. Ils sont en phase de rodage, mais ils monteront rapidement en puissance. 'Au CHUV, on a une capacité de 1200 vaccinations par jour. On démarre avec 1/6e de capacité. Mardi, ce sera un quart', explique Oliver Peters, chef du comité de pilotage du plan cantonal de vaccination. 'Dès lundi, on espère avoir le deuxième vaccin, celui de Moderna'.

Les centres ont engagé du personnel (40 ETP au CHUV), qui a dû suivre une formation. 'Ce ne sont pas des manipulations toutes simples. Il faut s'assurer que les gens sont bien formés. On ne lésinera jamais sur la sécurité', a dit la conseillère d'Etat Rebecca Ruiz.

A terme, le canton espère atteindre un rythme de croisière de 5000 vaccinations par jour en incluant les cabinets médicaux de groupe, les cliniques et les grandes pharmacies. Le 25 janvier, les hôpitaux de Payerne et Rennaz ouvriront à leur tour un centre.

Pas hésité une demi-seconde

Lundi, Roland Grunder, 78 ans, coprésident de l’Association Suisse des Aînés, a accepté de se faire vacciner en premier au CHUV. Il était suivi par Christiane Jaquet-Berger, 83 ans, présidente de l'AVIVO Suisse et infatigable militante popiste. Députée durant de nombreuses années, elle a aussi siégé au Conseil national.

'Je n'ai pas hésité une demi-seconde', témoigne M. Grunder. Selon lui, 'beaucoup de seniors sont partisans de la vaccination. Ils ont payé un trop lourd tribut à la pandémie'. 'Il faut aussi être solidaire et penser aux plus jeunes, à cette génération qui est en train de perdre pied au niveau économique. Ce vaccin, c'est une lueur d'espoir', ajoute-t-il.

Préparer les vaccins

Dans un local proche, des personnes préparent les vaccins. Pour l'heure, il s'agit de celui de Pfizer, qui doit être conservé à une température de près de -80 degrés, puis décongelé.

'Les préparateurs injectent du NaCl dans les fioles et en retirent cinq doses. Une estafette amène ensuite les cinq seringues dans les box de vaccination', explique M. Genoud. Les conditions de stockage et de gestion du 2e vaccin, de Moderna, s'annoncent plus simples.

Rebecca Ruiz rappelle que la vaccination joue un 'rôle central' dans la lutte contre le coronavirus. 'On sait qu'il y a des indécis. Mais plus il y aura de personnes vaccinées, plus vite on pourra protéger les personnes vulnérables et éviter la surcharge des hôpitaux', explique-t-elle. Le vaccin se fait sur une base volontaire, mais les autorités le recommandent fortement.

Jacques Dubochet

A Morges, le scientifique Jacques Dubochet s'est fait vacciner sans appréhension. 'C'est la maladie qui doit faire peur. Le virus a tout ce qu'il faut pour être une machine de guerre contre vous', dit-il.

'Le vaccin, c'est une molécule du virus qui ne peut rien faire. Elle ne peut que donner au corps le signal 'halte: bouge-toi'. Croire que cette molécule fait la même chose que le virus, c'est mal comprendre. Le vaccin n'est pas le virus, et le virus n'est pas bon.'

A Yverdon-les-Bains, près de 100 personnes peuvent pour l'heure être vaccinées par jour. La capacité sera peu à peu augmentée pour atteindre 350-400 injections par jour.

En EMS, la vaccination a commencé le 30 décembre dernier dans un établissement au Mont Pèlerin. Trois autres ont suivi depuis. Les équipes mobiles de la Protection civile se rendent dans toutes les régions du canton. 'Lundi, elles se rendent à Lutry et Grandson notamment. Mardi à Renens, Echandens, Rolle et Vevey', a indiqué la conseillère d'Etat Béatrice Métraux.

/ATS
 

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