Vigneron-encaveur valaisan reconnu coupable d'incendie intentionnel

Le vigneron-encaveur qui avait aspergé d'acide sulfureux le hall d'entrée du Ministère public ...
Vigneron-encaveur valaisan reconnu coupable d'incendie intentionnel

Vigneron-encaveur valaisan reconnu coupable d'incendie intentionnel

Photo: Keystone

Le vigneron-encaveur qui avait aspergé d'acide sulfureux le hall d'entrée du Ministère public du Valais et mis le feu à un véhicule sur le parking est reconnu coupable d'incendie intentionnel par le TPF. Il écope de 21 mois de prison ferme.

Une mesure thérapeutique institutionnelle a aussi été ordonnée. Les faits s'étaient déroulés le 5 décembre dernier à Sion. L'incendie s'était étendu rapidement. Il avait détruit trois autres voitures garées sur les places de parc du Ministère public et endommagé partiellement d'autres.

Le parking avait aussi subi des dégâts dont le total a été estimé à 83'000 francs par la justice. Arrêté le jour même, cet homme de 51 ans, marié et père de deux enfants, avait été depuis placé en détention préventive à la prison des Iles de Sion.

Lors de son procès, qui s'était tenu il y a une semaine devant le Tribunal pénal fédéral (TPF) à Bellinzone, le vigneron-encaveur avait expliqué qu'il s'était senti bafoué par la justice de son canton. Il lui reprochait de ne pas avoir répondu à ses nombreuses lettres recommandées et demandes d'audience.

Brouilles et rancoeur

Propriétaire d'une exploitation viticole familiale - récemment placée en procédure de faillite -, le vigneron-encaveur avait déclaré aux juges du TPF que, suite à une agression subie en mai 2012, pour laquelle il avait été lui-même dénoncé, il avait en vain demandé justice au Ministère public de son canton.

L'homme s'était aussi plaint de continuelles menaces de mort formulées par son frère avec lequel il s'était gravement brouillé pour des raisons familiales en 1990. N'obtenant aucune réponse à ses nombreux écrits recommandés, il aurait accumulé rancoeur et stress. Devant les juges, il a déclaré regretter son acte.

Psychose paranoïaque

Selon un psychiatre qui a été entendu lors du procès, l'homme est atteint de psychose paranoïaque, ce qui nécessite un traitement psychiatrique dans un établissement spécialisé en raison d'un risque de récidive. Prenant en compte les risques de dangerosité pour les tiers et pour l'intéressé lui-même, le TPF a par conséquent ordonné une mesure thérapeutique institutionnelle.

Dans son réquisitoire, le procureur fédéral Carlo Bulletti avait requis deux ans de prison pour emploi délictueux d'explosifs ou de gaz toxique et incendie intentionnel. Seule la deuxième infraction a été retenue par la Cour des affaires pénales du TPF, qui a rendu public son dispositif mercredi.

Nombreux frais

En plus de 6000 francs de procédure mis à sa charge, le vigneron est condamné à payer à l'Etat du Valais un montant de 13'593 francs et 6500 francs à la propriétaire d'une voiture incendiée. Les propriétaires des six autres voitures, dont la qualité pour agir a été admise, sont renvoyées à agir devant la justice civile.

L'arrêt motivé sera rendu ultérieurement. Le verdict peut faire l'objet d'un ultime recours au Tribunal fédéral. (jugement du 25 août 2017 dans la cause SK.2017.26)

/ATS
 

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