Une odyssée de cinq années pour alerter sur la pollution des océans

Le bateau suisse Race for Water (anciennement Planet Solar) s’apprête à relever un nouveau ...
Une odyssée de cinq années pour alerter sur la pollution des océans

Le bateau suisse Race for Water (anciennement Planet Solar) s’apprête à relever un nouveau défi. Le catamaran arpentera les océans pendant les cinq prochaines années afin d'étudier la pollution des océans par le plastique et sensibiliser les populations à ce problème.

'Notre bateau va faire une odyssée de cinq ans en passant par les endroits des océans les plus touchés par la pollution', a affirmé à l'ats Marco Simeoni, président et fondateur de la fondation Race for Water.

Cet entrepreneur lausannois a présenté mardi à Paris ce long périple de cinq années qu'il effectuera au côté du navigateur français Gérard d'Aboville. Ce dernier sera le capitaine du bateau qui partira du port breton de Lorient le 9 avril.

Un bateau 'revisité'

Le bateau Planet Solar a accompli le premier tour du monde en 2012 alimenté par l'énergie solaire. Il a été complètement 'revisité' pour ce nouveau voyage. Outre ses plus de 500 m2 de panneaux solaires, le catamaran disposera également d'une chaîne à hydrogène. Cette dernière fonctionnera à partir d'eau de mer d'abord désalinisée et ensuite électrolysée.

'Ce système nous permettra d'avoir une réserve énergétique qui augmentera de six jours l'autonomie du navire', a expliqué M. Simeoni. Grâce à ce système, la propulsion du bateau sera silencieuse et propice à l'étude des milieux marins.

Le catamaran jettera d'abord l'ancre aux Bermudes qui accueillent cette année la Coupe de l'America. Cet archipel est 'extrêmement touché par la pollution plastique', a rappelé M. Simeoni. Il se trouve proche du 'gyre de l'Atlantique Nord', l'un de ces tourbillons d'eau océanique, appelés vertex, qui attirent les déchets déversés dans la mer et plus particulièrement les plastiques.

Deux autres grands rendez-vous sont au programme de Race for Water: les Jeux Olympiques de Tokyo en 2020 et l'exposition universelle de Dubaï où le catamaran devrait arriver à la fin de cette même année. 'Ces trois grands événements nous permettront d'avoir un très grand rayonnement et de pouvoir sensibiliser le plus grand nombre', a souligné le président de la fondation.

Des escales de sensibilisation

D'autres escales sont prévues tout au long de ce voyage. A chaque fois, des écoliers et des politiques seront accueillis à bord du catamaran pour être sensibilisés au problème de la pollution des océans.

'Entre 5 à 10% de la production mondiale de plastique finit dans les océans chaque année. Comme cette production mondiale est quasi exponentielle, ce phénomène n'arrête pas de s'amplifier', a regretté M. Simeoni.

Le catamaran montrera également aux visiteurs un système permettant de transformer le déchet plastique en gaz synthétique pour fabriquer de l'électricité. 'Nous parvenons ainsi à valoriser ce plastique de manière à ce qu'il ne finisse plus dans l'eau', a souligné le président de Race for Water.

'Aujourd'hui, on parle d'un kilo de plastique pour cinq kilos de poisson dans les océans, d'ici 2050 on devrait être à proportion égale', a-t-il prévenu.

Scientifiques

Des équipes scientifiques prendront aussi place à bord du bateau. 'Ce sont des chercheurs provenant de plusieurs universités européennes. Ils étudieront l'effet des microparticules sur l'environnement marin et sur la détérioration du plastique dans le temps dans l'eau', a expliqué M. Simeoni. Selon lui, le catamaran sera ainsi 'une exceptionnelle plateforme scientifique'.

Les plastiques constituent un réel problème dans les océans. Ils peuvent voyager pendant des années en haute mer. Comme ils sont regroupés dans des vortex, leur détection est complexe, car ils se dégradent en paillettes et peuvent devenir invisibles à l'œil nu. Ces microparticules menacent les écosystèmes marins et peuvent être ingérées par les poissons, contaminant la chaîne alimentaire.

/ATS
 

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