Le secteur suisse de l'assurance vie a connu un net repli en 2016

Les faibles taux d'intérêt et les exigences en capital qui pèsent sur les marges donnent du ...
Le secteur suisse de l'assurance vie a connu un net repli en 2016

Le secteur suisse de l'assurance vie a connu un net repli en 2016

Photo: Keystone

Les faibles taux d'intérêt et les exigences en capital qui pèsent sur les marges donnent du fil à retordre aux assureurs vie en Suisse. Les volumes de primes ont reculé de 6% en 2016, après avoir stagné l'année précédente, selon les estimations de la branche.

L'environnement des taux bas pèse sur l'assurance vie davantage que sur les autres segments du secteur, relève jeudi l'Association Suisse d'assurance (ASA) à l'occasion de sa conférence annuelle. 'Les recettes de primes se sont émoussées en vie individuelle comme en vie collective', a souligné à Zurich Urs Berger, président de l'organisation faîtière.

Le niveau historiquement bas des taux d'intérêt ne permet pratiquement plus de garantir une rémunération attractive aux nouveaux contrats. A cela s'ajoute la pression tarifaire. 'Les rendements réalisés sur les produits ne suffisent plus à couvrir les frais administratifs ni à indemniser correctement le risque', observe Urs Berger.

Dans les affaires vie individuelle, le volume des primes s'est tassé de 5% par rapport à l'année précédente. Dans le segment des solutions de prévoyance aux petites et moyennes entreprises, il s'est comprimé de 6,3%.

Elément stabilisateur

L'année écoulée aura en outre été marquée par les contraintes élevées en matière de surveillance. Dans ce contexte difficile, 'les assureurs se sont imposés comme un élément stabilisateur de l'économie suisse', insiste le président de l'ASA. Pour preuve, l'assurance dommages a, elle, continué sur sa lancée.

Selon les calculs de la faîtière de l'assurance privée, les recettes de primes dans l'activité dommages ont progressé de 1,1% en 2016. Une croissance 'légèrement inférieure à celle du produit intérieur brut' - anticipée à 1,5% par le Secrétariat d'état à l'Economie.

Dans ce segment-là, les assurances de personnes (+1,7% d'un an à l'autre) ont fait mieux que les assurances de choses (+0,5%). Dans la première catégorie, les affaires de couverture des accidents et d'assurance-maladie complémentaire se sont raffermies de 2%.

La branche automobile s'est encore consolidée l'an passé grâce aux immatriculations en hausse, même si là aussi les tarifs se trouvent sous pression. Les primes encaissées dans les assurances véhicules à moteur se sont étoffées de 1,3% en comparaison annuelle.

Les contrats couvrant les incendies, les événements naturels et autres dommages matériels ont par contre généré moins de recettes (-0,9%). C'est aussi en partie dû au niveau plus faible des primes, en raison de la sinistralité, soit du rapport entre le montant des sinistres à dédommager et celui des primes encaissées, favorable ces dernières années, note l'ASA.

Année charnière

Quant aux perspectives, le président de la faîtière perçoit 2017 comme 'une année charnière'. La façon de faire du président américain Donald Trump, l'affirmation de la Chine, les provocations russes sont autant de facteurs qui devraient bouleverser l'ordre mondial et l'organisation du marché, non sans conséquences pour les assureurs suisses actifs à l'international, selon Urs Berger.

Les compagnies qui couvrent l'industrie et les réassureurs réalisent le gros de leurs volumes à l'étranger. La Suisse doit donc bien négocier avec la Grande-Bretagne post-Brexit un accord d'accès au marché, et se positionner tandis que les Etats-Unis et l'Union européenne s'apprêtent à ratifier un accord sur les assurances, qui avantageraient les concurrents européens actifs outre-Atlantique.

/ATS
 

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