Nicolas Maduro se moque des sanctions de Washington

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a balayé les sanctions adoptées contre lui lundi par ...
Nicolas Maduro se moque des sanctions de Washington

Nicolas Maduro se moque des sanctions de Washington

Photo: Keystone

Le président vénézuélien Nicolas Maduro a balayé les sanctions adoptées contre lui lundi par le gouvernement américain. La veille, l'élection d'une Assemblée constituante avait été dénoncée par Washington comme une tentative de 's'arroger un pouvoir absolu'.

'Les élections illégitimes d'hier confirment que Maduro est un dictateur qui méprise la volonté du peuple vénézuélien', a tonné le secrétaire américain au Trésor Steven Mnuchin cité lundi soir dans un communiqué de son ministère qui annonce le 'gel' de 'tous les avoirs' que possèderait le président vénézuélien aux Etats-Unis. Nicolas Maduro a riposté derechef.

Les sanctions de Donald Trump témoignent selon lui de son 'désespoir' et de sa 'haine' pour le gouvernement socialiste. 'Je n'obéis pas aux ordres impérialistes, je n'obéis pas aux gouvernements étrangers, je suis un président libre', a-t-il affirmé sous de vifs applaudissements. 'Aux Etats-Unis il est possible de devenir président avec trois millions de voix de moins que son adversaire. Quelle fameuse démocratie!' a-t-il clamé lors d'une réunion devant ses partisans, retransmise à la télévision nationale.

Lundi, le trafic a semblé normal à Caracas, mais des restes des barricades de la veille jonchaient encore les rues, vestiges des affrontements de la veille. Opposants et forces de l'ordre se sont affrontés à Caracas et dans d'autres villes lors de batailles rangées.

Il est extrêmement rare que le gouvernement américain prenne des sanctions contre un chef d'Etat étranger en exercice. M. Maduro est seulement le quatrième président à être ainsi sanctionné par Washington, rejoignant un 'club exclusif' composé des présidents syrien Bachar al-Assad, nord-coréen Kim Jong-Un et zimbabwéen Robert Mugabe.

Chiffres contestés

Nicolas Maduro revendique huit millions de participants au scrutin de dimanche, soit une participation de 41,5%, ce que démentent les responsables de l'opposition, tandis que des experts jugent l'élection émaillée d'irrégularités. Selon la coalition d'opposition, 2,5 millions d'électeurs se sont rendus aux urnes. La banque d'affaires Torino Capital estime pour sa part d'après des sondages de sortie des urnes que 3,6 millions de Vénézuéliens ont voté.

Les partis d'opposition ont boycotté le scrutin, jugeant qu'il servait les desseins dictatoriaux de Nicolas Maduro. Les 545 sièges de l'Assemblée constituante ont tous été pourvus par des socialistes et leurs alliés.

Des experts indépendants consultés par Reuters font état d'un manque de surveillance des bureaux de vote et d'observateurs internationaux trop peu nombreux dimanche. Ils jugent en outre que l'encre digitale utilisée pour identifier les personnes ayant voté n'était pas indélébile, ouvrant la porte à des votes multiples, tout comme le libre choix des bureaux de vote laissé aux électeurs.

'Outre le fait que l'élection était illégale, la commission électorale a bafoué toutes les règles de l'intégrité électorale', estimait Jennie K. Lincoln, directrice de l'institut américain Carter Center spécialiste de la région.

Dix morts

Au moins dix personnes ont été tuées dimanche lors des élections constituantes, présentées par Maduro comme une solution pour mettre fin au large mouvement de contestation qui agite le pays depuis quatre mois, sur fond de crise économique. Plus de 120 personnes y ont trouvé la mort.

Les voisins américains du Venezuela ainsi que l'Union européenne ont dénoncé la création de l'Assemblée chargée de réécrire la Constitution, et, prédit l'opposition, de dissoudre l'Assemblée nationale, où les opposants sont majoritaires.

/ATS
 

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