Les 1% des Suisses les plus riches devraient passer à la caisse

Près de 5 à 10 milliards de francs pourraient être redistribués aux petits et moyens revenus ...
Les 1% des Suisses les plus riches devraient passer à la caisse

Les 1% des Suisses les plus riches devraient passer à la caisse

Photo: Keystone

Près de 5 à 10 milliards de francs pourraient être redistribués aux petits et moyens revenus. La Jeunesse socialiste veut mettre à contribution les 1% des Suisses les plus riches.

Un jour après un 'happening' devant la maison de Magdalena Martullo-Blocher, les partisans de l'initiative '99%' ont officiellement lancé la campagne pour la récolte des signatures mardi sur la Place fédérale à Berne.

Dans leur viseur, l'élite des plus riches qui ne tirent leur profit que de revenus du capital alors que 99% de la population trime et a du mal à payer ses primes d'assurance maladie ou son loyer.

Imposer à 150%

Pour assurer une meilleure redistribution des richesses, l'initiative populaire 'Alléger les impôts sur les salaires, imposer équitablement le capital' vise à imposer à 150% les parts du revenu du capital supérieures à un montant défini par la loi.

Les intérêts et dividendes ainsi que les revenus provenant des loyers (moins les coûts de maintenance et d'exploitation et les intérêts sur la dette) seraient par exemple concernés. Pas question en revanche de taxer davantage les pensions du deuxième et du troisième pilier.

Pour éviter de s'en prendre aux petits épargnants, les initiants proposent de fixer le seuil à partir duquel l'imposition plus forte prévaut à 100'000 francs.

Par exemple, si une personne détient 5,1 milions de revenus du capital imposable, on retirerait d'abord les 100'000 francs. Les 5 millions restant seraient multpliés par 1,5, soit un total de 7,5 millions. Au final, la personne devrait être imposée sur 7,6 millions et non plus 5,1 millions.

Redistribuer

Des recettes supplémentaires de 5 à 10 milliards de francs pourraient être retirées par l'Etat. Elles serviraient à réduire l'imposition des personnes disposant de petits ou moyens revenus du travail ou à des paiements de transfert en faveur de la prospérité sociale. Il s'agirait par exemple de faire bénéficier ces classes sociales de l'exemption des primes maladie ou d'un coup de pouce pour payer les crèches ou les soins fournis par Spitex.

La Jeunesse socialiste défend son action sous le slogan 'l'argent ne travaille pas, nous oui'. Les riches sont de plus en plus riches. En 2013, les personnes de la classe la plus élevée possédaient 485 milliards de francs. Les revenus du capital sont privilégiés de plusieurs manières. La base d'imposition des dividendes des gros actionnaires n'est ainsi que de 60%.

Or chaque franc franc des revenus du capital doit d'abord être produit. Pendant ce temps, la caissière de la Migros, l’employé de banque, l’enseignante et le graphiste indépendant travaillent et sont imposés sur l'ensemble de leur revenu, s'indignent les initiants.

L'initiative se veut aussi un outil de lutte contre la concurrence fiscale menée par la Suisse et accusée de vider les caisses de l'Etat au détriment de la formation, de la santé ou de la sécurité. Les initiants affirment aussi vouloir renforcer la place des femmes grâce à la redistribution prévue des richesses.

Soutiens du PS

La Jeunesse socialiste peut compter sur l'appui d'autres politiciens de gauche. Le président du PS Christian Levrat est membre du comité d'initiative tout comme les conseillers nationaux Sibel Arslan (Verts/BS), Samuel Bendahan (PS/VD), Marina Carobbio (PS/TI), Margret Kiener Nellen (PS/BE), Mattea Meyer (PS/ZH), Mathias Reynard (PS/VS) et Cédric Wermuth (PS/AG).

/ATS
 

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