Qualité de l'eau et biodiversité: la Suisse doit agir rapidement

La Suisse a certes réduit ses émissions de gaz à effet de serre et diminué sa consommation ...
Qualité de l'eau et biodiversité: la Suisse doit agir rapidement

Qualité de l'eau et biodiversité: la Suisse doit agir rapidement

Photo: Keystone/URS FLUEELER

La Suisse a certes réduit ses émissions de gaz à effet de serre et diminué sa consommation d'énergie depuis 2008, mais d'importants progrès environnementaux restent à accomplir, selon l'OCDE. Berne doit notamment mieux préserver la qualité de l'eau et la biodiversité.

Dans certains domaines, la Suisse fait figure de bon élève parmi les pays de l'OCDE, note lundi l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) dans un communiqué. C'est le cas pour la réduction des gaz à effet de serre et autres polluants atmosphériques, la consommation d'énergie ou l'approvisionnement en énergie verte. L'office concède toutefois que des lacunes restent à combler.

'Les pratiques de consommation non durables de la Suisse et la diminution de la biodiversité tirent sa performance environnementale vers le bas', a dit Masamichi Kono, secrétaire général adjoint de l'OCDE, lors de la présentation de l'examen environnemental à Berne. 'Champion mondial de la recherche et de l'innovation et pôle financier', la Suisse a les moyens d'opter pour des solutions vertes.

Le rapport de l'OCDE pointe les pressions environnementales parfois importantes exercées sur les eaux au vu de l'utilisation intensive de la force hydraulique, de l'usage des pesticides en agriculture et des micropolluants provenant des ménages ou de l'industrie. La qualité de l'eau de beaucoup de lacs laisse à désirer et les cours d'eau, souvent endigués, peinent à remplir leurs fonctions naturelles.

La Suisse est néanmoins l'un des premiers pays à commencer à éliminer les micropolluants des eaux usées municipales, note l'organisation. Elle œuvre aussi à la remise en état de ses cours d'eau et de ses lacs.

Des espèces menacées

Plus d'un tiers des espèces sont menacées et peu d'habitats d'importance nationale bénéficient d'une protection stricte, relève également le rapport de l'OCDE. Quatre reptiles sur cinq, deux amphibiens sur trois et un mammifère ou oiseau sur trois y sont classés vulnérables ou en danger, dont 60% des chauves-souris. Des proportions élevées au regard des niveaux observés dans l'OCDE.

Pour les experts, la situation est 'urgente'. Berne devrait s'efforcer de réduire les menaces qui pèsent sur la biodiversité et viser des modes de consommation plus durables, car le niveau élevé de la production de déchets et du trafic routier - parmi les plus importants d'Europe - exerce une pression sur le Plateau suisse, selon le rapport.

La Suisse est ainsi le deuxième producteur de déchets par habitant de la zone OCDE, après le Danemark. En augmentation constante, sa production s'est hissée à 742 kg par habitant en 2015, soit une hausse de 27% depuis 2000. Les déchets de construction et démolition représentent 15 millions de tonnes par an. La Suisse n'est pas parvenue à bien découpler croissance économique et empreinte écologique.

42 recommandations

Les précédents examens des performances environnementales de la Suisse datent de 1998 et 2007. En 2016 et 2017, l'OCDE s'est penchée sur les progrès réalisés dans deux secteurs spécifiques pour lesquels Berne s'était fixé des objectifs, à savoir l'eau et la biodiversité. La procédure d'examen comprend des questionnaires, une correspondance, une entrevue ainsi qu'une visite du pays concerné.

Le rapport contient 42 recommandations approuvées par le groupe de travail le 27 juin 2017. Le but est d'aider la Suisse à rendre son économie plus verte et à améliorer sa gouvernance et sa gestion de l'environnement, souligne l'OCDE.

/ATS
 

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