Les initiatives anti-pesticides seraient favorables aux paysans et consommateurs

Accepter les initiatives « pour une Suisse sans pesticides de synthèse » et « pour une eau ...
Les initiatives anti-pesticides seraient favorables aux paysans et consommateurs

Initiatives anti-pesticides favorables aux paysans et consommateurs

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN BEUTLER

Accepter les initiatives 'pour une Suisse sans pesticides de synthèse' et 'pour une eau potable propre et une alimentation saine' ferait cesser des pratiques qui polluent eaux et sols, selon un comité pour ces textes. Agriculteurs et consommateurs seraient gagnants.

Approuver les deux initiatives populaires soumises au verdict des urnes le 13 juin permettrait de mettre un terme à la pollution de l'environnement par des pesticides toxiques. Cela sonnerait aussi le glas à l'utilisation excessive d'antibiotiques et à la surfertilisation, a détaillé la coalition en faveur d'un double oui mercredi au cours d'une conférence de presse.

Le comité en faveur des deux initiatives, qui regroupe le WWF, Greenpeace, Pro Natura, Aqua Viva, les Médecins en faveur de l'environnement, BirdLife et la Fédération suisse de pêche (FSP), a souligné les faibles moyens dont il dispose en comparaison avec les opposants. 'C'est un combat entre David et Goliath', a imagé Philipp Sicher, secrétaire générale de la FSP. Il estime toutefois que les initiants peuvent compter sur trois forces: les données du monde de la santé, le soutien de la population et des faits.

Près de 2000 tonnes de pesticides sont utilisés chaque année pour cultiver les sols, a rappelé Ursula Schneider-Schüttel (PS/FR), qui soutient également les deux initiatives. Une grande partie des cours d'eau sont pollués. La Suisse est un pays où l'utilisation de pesticides est particulièrement élevée et un million de Suisses boivent une eau empoisonnée, a ajouté Martina Munz (PS/SH), présidente d'AcquViva.

Santé et biodiversité impactées

Cette situation a des répercussions sur la santé. Il est connu que plusieurs pesticides provoquent ou renforcent des maladies dégénératives ou des cancers, a déclaré le président des Médecins en faveur de l'environnement. Bernhard Aufdereggen a pointé du doigt des pesticides longtemps autorisés en Suisse, avant d'être retiré des marchés non sans avoir provoqué des maladies des années durant.

'Les pesticides sont des tueurs de biodiversité dans les écosystèmes', a relevé François Turrian, directeur romand de BirdLife suisse. Un organisme sur trois figure sur les listes rouges des espèces menacées en Suisse, a-t-il souligné.

Environ la moitié des grands lacs suisses ont une teneur en oxygène trop faible, a ajouté Mme Munz. 'Au lieu de s'attaquer à la racine du problème, certains lacs sont oxygénés depuis des décennies', s'est insurgée la conseillère nationale. Au final, c'est le contribuable qui paye ces oxygénations, a ajouté M. Turrian.

Les deux initiatives offrent 'une grande sécurité dans la planification'. Leurs longues phases de transition, huit à dix ans, permettent de mettre en place un changement socialement acceptable.

Approches différentes

Avec ou sans ces initiatives, le statu quo en matière de politique agricole n’est pas une option pour notre société, constate le comité. Les insectes disparaissent, l'eau est polluée, la fertilité des sols décline. Ces deux initiatives doivent permettre d'anticiper les changements à venir. Elles suivent les mêmes buts, mais avec des approches différentes, a souligné le comité.

L'initiative populaire 'Pour une eau potable propre et une alimentation saine' vise à garantir la qualité de l'eau potable. Les agriculteurs ne pourraient toucher de paiements directs qu'à la condition de respecter des exigences écologiques comme la préservation de la biodiversité, une production sans pesticides et des animaux nourris avec le fourrage produit dans l'exploitation.

Ces subventions seraient coupées aux paysans administrant préventivement ou régulièrement des antibiotiques à leurs animaux. L'octroi d'autres aides (recherche, formation, investissement) dépendrait des mêmes conditions.

L'initiative sur les pesticides de synthèse demande d'interdire l'utilisation de ces produits dans la production agricole ainsi que pour l'entretien des sols et des paysages. Elle réclame également l'interdiction d'importer à des fins commerciales des denrées alimentaires qui contiennent des pesticides de synthèse ou qui ont été fabriquées à l'aide de ces produits.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus