A Caracas, Guaido jure de « sortir le Venezuela de la pénombre »

Oubliés un instant la faim, la soif et le courant coupé au sixième jour de la crise qui prive ...
A Caracas, Guaido jure de « sortir le Venezuela de la pénombre »

A Caracas, Guaido jure de

Photo: KEYSTONE/AP/ARIANA CUBILLOS

Oubliés un instant la faim, la soif et le courant coupé au sixième jour de la crise qui prive le Venezuela des services de base: devant une foule compacte, Juan Guaido a promis mardi à Caracas de 'sortir le Venezuela de la pénombre, très vite'.

Mardi soir, le président Nicolas Maduro a lui proclamé la 'victoire' dans la 'guerre élecrique' lancée selon lui par le Pentagone, depuis 'Houston et Chicago'. Les communications sont revenues dans la métropole. Et le gouvernement a affirmé que le courant était rétabli dans la plupart des Etats, à l'exception du grand ouest et de certains Etats du centre.

Maduro a annoncé la création d'une 'commission d'enquête présidentielle' pour laquelle il sollicitera 'l'aide de l'ONU, de la Chine, de la Russie, de l'Iran, de Cuba, pays qui ont une grande expérience des cyber-attaques', a-t-il souligné.

Mais les communications restaient difficiles depuis Caracas avec les autres villes du pays. Et la population est éreintée par la course aux vivres et surtout à l'eau, sommée de payer le moindre achat en dollars.

'Miraflores !'

C'était la deuxième fois depuis le début, jeudi, de la panne d'électricité géante que le chef de l'opposition, qui s'est proclamé président par intérim le 23 janvier, convoquait la population dans les rues.

Dans la capitale, Juan Guaido a effectué une tournée par étapes, visitant plusieurs quartiers sans incident, jusqu'au final dans le plus grand 'barrio' populaire de Caracas, Petare, jurant de s'occuper bientôt du pays : 'J'ai besoin d'un bureau pour ça, il se trouve à Miraflores!' - le palais présidentiel.

'Si se puede! Oui c'est possible!', 'Nous sommes là ! nous n'avons pas peur !', a scandé la foule, plusieurs milliers de personnes rassemblées sur le parcours entamé au son des sifflets et des casseroles, les 'cacerolazos' de protestation contre le régime.

Lundi soir, le chef de l'Etat Nicolas Maduro avait lancé un appel à la 'résistance active' de ses partisans, et cité nommément les 'colectivos', des groupes citoyens dont certains, de sinistre réputation, agissent en véritables milices, circulant par paires, à moto. 'Il nous menace! C'est tout ce qui lui reste', a lancé Guaido.

Sanctions américaines en vue

Le face-à-face entre les deux 'présidents' du pays s'est encore durci mardi avec une enquête ouverte par le procureur du Venezuela contre l'opposant 'pour son implication présumée dans le sabotage du système électrique'.

Les Etats-Unis, très engagés derrière M. Guaido, ont par ailleurs confirmé mardi qu'ils allaient imposer des sanctions 'très importantes' à des institutions financières étrangères qui apporteraient un soutien au président du Venezuela Nicolas Maduro, que Washington essaye de faire partir à tout prix.

Ces 'sanctions supplémentaires très importantes' seront annoncées 'à très court terme', possiblement dès ce mardi, a déclaré Elliott Abrams, le représentant spécial des Etats-Unis pour la crise au Venezuela. Il a précisé que les autorités américaines cibleraient également les pro-Maduro en imposant davantage de révocations de visas, qui visent déjà plus de 250 personnes.

/ATS
 

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