Des documents relancent les allégations d'ingérence contre Trudeau

L'ex-ministre canadienne de la Justice a versé de nouveaux documents dont l'enregistrement ...
Des documents relancent les allégations d'ingérence contre Trudeau

Des documents relancent les allégations d'ingérence contre Trudeau

Photo: KEYSTONE/AP The Canadian Press/JUSTIN TANG

L'ex-ministre canadienne de la Justice a versé de nouveaux documents dont l'enregistrement secret d'une conversation à la procédure judiciaire qui l'oppose au Premier ministre Justin Trudeau. Ce dernier est accusé d'ingérence politique.

Jody Wilson-Raybould avait démissionné en février après avoir subi, selon elle, des pressions 'inappropriées' de M. Trudeau et de son entourage pour qu'elle évite un procès à la société canadienne SNC-Lavalin. Ces derniers font face à la pire crise politique du mandat du dirigeant.

L'ancienne ministre a fourni à une commission parlementaire chargée d'enquêter sur l'affaire une quarantaine de pages de documents, parmi lesquels une conversation téléphonique avec le plus haut fonctionnaire du Canada, qu'elle a enregistrée à l'insu de ce dernier.

Dans cet enregistrement, qui a été rendu public, le chef des fonctionnaires Michael Wernick, proche de M. Trudeau, assure que le Premier ministre 'va vouloir parvenir à ses fins d'une façon ou d'une autre', selon une retranscription de la conversation. Il précise que celui-ci 'veut que le gouvernement fasse tout en son pouvoir pour éviter la perte de 9000 emplois', l'effectif canadien du géant du BTP.

Enregistrement de 17 minutes

Peu après, Mme Wilson-Raybould rétorque que la conversation 'est absolument inappropriée et que cela constitue de l'ingérence politique'. L'ancienne ministre avait déjà cité des extraits de cette conversation téléphonique lors d'une déposition de quatre heures qu'elle avait faite le 27 février devant cette même commission parlementaire..

Mme Wilson-Raybould, qui parle avec assurance et éloquence dans l'enregistrement d'une durée de 17 minutes, a précisé dans une note adjointe que celui-ci ne devait lui servir que 'd'aide-mémoire' en l'absence d'un employé pour prendre des notes de la conversation.

L'ancienne ministre de la Justice avait été rétrogradée au poste de ministre des Anciens combattants lors d'un remaniement début janvier, avant de démissionner mi-février. Elle estime que cette rétrogradation est la conséquence de son refus de céder aux pressions présumées du Premier ministre.

A quelques mois d'élections

Justin Trudeau a démenti être intervenu de manière 'inappropriée' auprès de son ancienne ministre de la Justice. Il a néanmoins admis avoir de 'nombreuses leçons à tirer' de l'affaire SNC-Lavalin.

M. Trudeau a assuré avoir seulement demandé à l'ex-ministre de chercher un avis juridique externe sur l'opportunité de conclure avec SNC-Lavalin un accord à l'amiable, comme la loi l'y autorise, afin de lui éviter une condamnation pénale qui compromettrait son avenir.

En l'espace de quelques semaines, quatre proches de Justin Trudeau ont quitté leur poste: la ministre de la Justice et la ministre du Budget, M. Wernick qui a annoncé prendre sa retraite, et un proche conseiller de Justin Trudeau.

Cette crise politique qui secoue le gouvernement Trudeau survient à quelques mois d'une élection législative, prévue en octobre, à l'issue incertaine pour le parti Libéral au pouvoir.

/ATS
 

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