Genève Aéroport: un tapis pour détecter le métal des chaussures

Genève Aéroport se dote d'un outil novateur pour gagner du temps au passage de sûreté. Développé ...
Genève Aéroport: un tapis pour détecter le métal des chaussures

Genève Aéroport: un tapis pour détecter le métal des chaussures

Photo: Keystone

Genève Aéroport se dote d'un outil novateur pour gagner du temps au passage de sûreté. Développé avec l'entreprise vaudoise Sedect, un tapis permet d'identifier les chaussures qui vont provoquer une alarme au portique et indique au voyageur s'il doit se déchausser.

Première mondiale, ce dispositif vise à mieux préparer les passagers et à améliorer les flux aux contrôles de sécurité, a expliqué Ruben Jimenez, chef de la division sûreté de l'aéroport jeudi devant la presse. Passage obligé, les 'points d'inspection filtrage' des aéroports génèrent des congestions aux heures de pointe, en particulier durant la saison hivernale.

Notamment quand le portique magnétique sous lequel passent les passagers sonne après avoir détecté du métal dans les chaussures.Les voyageurs doivent alors rebrousser chemin et repasser sous les installations. Ce contre-flux contribue à ralentir la fluidité du passage.

Solution différente

Or l'aéroport est arrivé à la limite de ce qui peut être fait dans l'espace à disposition. Une solution différente a alors été imaginée: identifier à l'avance les passagers qui vont générer des alarmes à cause de leurs chaussures, éviter ainsi des retours en arrière, des discussions et le mélange des bacs de passagers, a poursuivi M. Jimenez.

Genève Aéroport a voulu travailler avec des entreprises de la région et a fait appel à Sensima Inspection à Gland, active dans le contrôle de pièces métalliques dans l'industrie. Créée pour l'occasion, Sedect, sa spin off, a développé le produit en trois ans en tenant compte des contraintes techniques mais aussi humaines de ce passage obligé.

Le dispositif de détection précoce, soit une quarantaine de tapis, va entrer en fonction pour la saison des charters qui commence le 15 décembre. D'après les tests réalisés durant l'été, il devrait permettre un gain de temps de 5%, a estimé M. Jimenez.

Pas d'opération supplémentaire

La technologie de ce tapis plat est basée sur la réponse électromagnétique d'un arrangement de bobines. Elle est sans danger et sans rayonnement ionisant. Le système détecte si l'éventuel métal contenu dans les chaussures va faire sonner le portique, ce au moment où le passager montre son 'boarding pass' juste avant le portique.

Le voyageur peut alors les enlever, dans un endroit doté de sièges et les faire passer dans le tunnel X-Ray pour les récupérer de l'autre côté sans avoir à faire machine arrière. 'C'est un bon endroit, car il s'agit déjà d'un point d'arrêt', a commenté le directeur de Sedect Bernard Revaz. On évite une contrainte supplémentaire pour les voyageurs, souvent stressés.

Moins de fouilles inutiles

Outre le gain de temps, le confort du passager s'en ressentira, notamment en évitant la sonnerie du portillon et la fouille qui peut l'accompagner. L'innovation bénéficie indirectement à la santé de l'agent de sûreté, grâce à moins de fouilles inutiles.

Question finances, le prix se montre entre 20'000 francs et 30'000 francs l'unité. Genève Aéroport pense récupérer l'investissement en un an et un an et demi, a souligné M. Jimenez.

Pas intrusif

D'autres systèmes de détection existent, mais ils sont beaucoup plus intrusifs. La nouveauté réside dans le fait que la mesure se déroule de manière invisible pour les passagers, a noté Gilles Santi, président de Sedect.

Le produit intéresse d'autres aéroports européens de la région, auprès de qui des démonstrations sont en cours, a-t-il ajouté. L'entreprise qui compte deux employés devrait ainsi passer à cinq l'an prochain. Prochaine étape, la spin off travaille sur un dispositif de détection du métal contenu dans les poches et les ceintures.

/ATS


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