La croissance du commerce en ligne en Suisse se passe à l'étranger

Le commerce en ligne augmente en Suisse, mais tous les fournisseurs n'en profitent pas. Les ...
La croissance du commerce en ligne en Suisse se passe à l'étranger

La croissance du commerce en ligne en Suisse se passe à l'étranger

Photo: Keystone

Le commerce en ligne augmente en Suisse, mais tous les fournisseurs n'en profitent pas. Les prestataires étrangers de ventes en ligne continuent d'enregistrer une croissance supérieure à la moyenne et à gagner des parts de marché.

Le commerce en ligne a enregistré en Suisse une nouvelle augmentation de 8% en 2016, indique le rapport sur le E-commerce publié mardi par Datatrans. Le chiffre d'affaires global s'estime à 8,05 milliards de francs.

Les achats réalisés sur Internet ou à distance et réceptionnés en Suisse totalisaient l'an dernier 7,8 milliards de francs, selon les chiffres de l'institut GfK déjà dévoilés en mars et cités dans le rapport. A ce montant s'ajoutent 250 millions de francs de commandes en ligne collectées directement par les clients de l'autre côté de la frontière.

La part des ventes en ligne représentait ainsi 8,6% du total du commerce de détail helvétique. Le chiffre d'affaires global de la branche avoisinait les 94 milliards de francs, toujours selon les estimations de l'institut GfK pour l'exercice 2016.

Amazon décolle

Les dépenses via Internet réalisées depuis la Suisse à l'étranger se sont elles chiffrées à 1,55 milliard de francs l'an passé, près de 20% du e-commerce total. Elles ont grimpé de 14,8% sur un an, soit plus du double comparé aux fournisseurs helvétiques. Depuis 2012, c'est-à-dire en l'espace de quatre ans, les achats en ligne transfrontaliers se sont multipliés par deux, rappellent les auteurs.

Parmi les prestataires étrangers, Zalando, AliExpress, Wish et Amazon se taillent la part du lion. Malgré l'absence de stratégie spécifique pour la Suisse - ce dernier y croît même davantage que l'ensemble du commerce en ligne.

'Les pertes récurrentes des parts de marché depuis des années au profit des fournisseurs e-commerce étrangers sont préoccupantes', estime Ralf Wölfle, cité dans un communiqué. Le responsable de l'enquête auprès de la Haute école spécialisée de la Suisse du Nord-Ouest observe que la part de l'étranger dans le commerce en ligne a déjà atteint le double du commerce stationnaire.

La tendance à la concentration entre les mains de quelques fournisseurs n'est pas propre à l'étranger. Le phénomène s'observe en Suisse également, où dominent les plateformes Galaxus de Migros, Siroop, lancée elle par Swisscom et Coop, Ricardo, eBay et Brack.ch, selon le rapport.

L'atout numérique

L'euro rabais et le niveau de prix généralement plus bas dans les pays voisins n'expliquent pas à eux seuls le succès des concurrents étrangers. Pour les auteurs de l'enquête, réalisée auprès de 36 firmes, l'atout numérique s'avère déterminant. Or, la mutation en Suisse du commerce en ligne n'en est qu'à ses débuts.

L'analyse des données et des mots-clé de recherche, la haute compétence technologique et les innovations sont décisifs pour capter la clientèle. Fiabilité, rapidité et flexibilité: les investissements dans la logistique, avec par exemple une multiplication de points de contact, s'avèrent aussi payants.

Face à l'arrivée de systèmes de paiements mobiles sur le marché domestique, à l'instar de Twint ou Apple Pay, les commerçants suisses se montrent encore réticents. Les apps avec fonction de paiement intégrées sont par contre déjà répandues dans la billeterie. Aux CFF, les ventes de billets via smartphones ont déjà dépassé celles en ligne en 2016, selon le rapport.

La transformation numérique devrait accentuer la pression sur le commerce de détail stationnaire, dans une situation déjà difficile. Pour l'année en cours, les trois quarts des participants à l'étude escomptent une hausse des ventes en ligne dans leur secteur de 5% voire plus. A un horizon de cinq ans, 40% des répondants tablent sur un bond d'au moins 50% comparé à aujourd'hui.

/ATS
 

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