La direction des TPG court-circuite la grève prévue le 21 mars

Les syndicats des Transports publics genevois ont déposé jeudi un préavis de grève pour le ...
La direction des TPG court-circuite la grève prévue le 21 mars

La direction des TPG court-circuite la grève prévue le 21 mars

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

Les syndicats des Transports publics genevois ont déposé jeudi un préavis de grève pour le 21 mars, après avoir consulté leurs membres. Mais la direction des TPG demande une conciliation, ce qui suspend toute mesure de lutte.

Les syndicats ont expliqué jeudi devant les médias que les négociations sont bloquées, malgré certaines avancées. Dans la foulée, la direction des TPG a annoncé saisir la Chambre des relations collectives de travail, vu les difficultés à avancer sur l'ensemble des dossiers. 'C'est un aveu d'impuissance', a commenté Valérie Solano, du Syndicat du personnel des transports (SEV).

'Nos revendications portent sur les conditions de travail dans tous les secteurs de l'entreprise', a expliqué dans la matinée la secrétaire syndicale, aux côtés des représentants de Transfair et de l'Association syndicale indépendante du personnel (ASIP) qui forment le front syndical des TPG. Selon eux, la colère des collègues, due à un profond épuisement, n'est pas calmée.

'Engager des conducteurs'

Le dépôt d'un préavis de grève, sans date, en 2016, avait permis d'obtenir l'engagement de 50 personnes. Mais les conditions de travail se sont encore détériorées depuis le changement d'horaire en décembre. 'Durant des années, on a fait plus avec moins, avec des solutions bricolées, au point que des employés ont travaillé dans des conditions illégales', a relevé Mme Solano.

Le front syndical exige l'embauche de davantage de personnel. Il manque encore 70 conducteurs pour améliorer la situation au niveau des horaires: respect des cinq minutes de pause au terminus, réduction de l'amplitude journalière de treize à dix heures au maximum, avec des tranches de travail de quatre heures au lieu de cinq.

Les engagements doivent aussi permettre de limiter le nombre de voltigeurs, ces conducteurs qui connaissent leurs horaires quatre jours à l'avance. Leur nombre est passé en quelques années de 80 à 370, soit un tiers des chauffeurs alors qu'ils ne représentent qu'un huitième des effectifs à Lausanne, selon les syndicats, qui demandent une prévisibilité horaire de dix jours.

Accidents et burnouts

Si le taux d'absentéisme reste important à la conduite, tous les secteurs de la régie publique autonome sont touchés par des arrêts maladie pour accident et burnout. Les syndicats dénoncent aussi le flou qui entoure l'ouverture en 2019 du troisième dépôt de véhicules, dit En Chardon, et la mise en service du CEVA.

Les délégués du personnel de RATP Dev, sous-traitant de certaines lignes de bus des TPG, se sont dits prêts à suivre le mouvement de grève. Ils dénoncent des conditions de travail encore moins bonnes qui mettent en jeu la sécurité des passagers.

/ATS
 

Actualités suivantes