La télécabine tricâble la plus haute du monde inaugurée à Zermatt

Après plus de deux ans de travaux, Zermatt a inauguré samedi sa 'télécabine tricâble la plus ...
La télécabine tricâble la plus haute du monde inaugurée à Zermatt

La télécabine tricâble la plus haute du monde inaugurée à Zermatt

Photo: KEYSTONE/DOMINIC STEINMANN

Après plus de deux ans de travaux, Zermatt a inauguré samedi sa 'télécabine tricâble la plus haute du monde'. Elle peut transporter jusqu'à 2000 personnes à l'heure au Petit Cervin. Coût de la construction: 52 millions de francs environ.

Zermatt s'enorgueillit d'une nouvelle installation de remontées mécaniques: une télécabine tricâble (deux câbles porteurs et un câble tracteur en boucle) qui relie la station intermédiaire de Trockener Steg, à 2939 mètres d'altitude, au Petit Cervin qui culmine à 3883 mètres.

Baptisée le 'Matterhorn glacier ride', elle est l'une des quinze télécabines tricâbles en fonction à l'heure actuelle dans le monde. 'Mais elle les surpasse toutes par sa hauteur ainsi que par la longue portée entre deux de ses trois pylônes', affirme Jan Sorg, ingénieur du projet pour le fabricant de téléphériques italien Leitner Ropeways.

365 jours par an

La nouvelle installation, inaugurée samedi en présence de quelque 500 invités, dont la conseillère fédérale Doris Leuthard, a coûté 52 millions de francs environ et peut transporter jusqu'à 2000 personnes à l'heure. A cela s'ajoute la capacité de 600 personnes à l'heure du téléphérique existant qui a été conservé.

'Ce double raccordement permet d'assurer une exploitation 365 jours par an, même pendant les travaux de révision et par grand vent', assure sur son site internet la société de remontées mécaniques de Zermatt. A elles deux, les installations devraient aussi éviter un temps d'attente, qui pouvait atteindre une heure et demie durant les pics de l'hiver.

Milliers de cristaux

Le 'Matterhorn glacier ride' transporte 25 cabines de 28 places chacune, dont les dimensions permettent un accès aux chaises roulantes et aux poussettes. En neuf minutes, suspendus à une hauteur maximale de 198 mètres, les voyageurs arrivent au Petit Cervin.

Quatre de ces cabines ont une particularité: après trois minutes de trajet leur fond opaque devient transparent, dévoilant les profondeurs et le panorama. L'entier des cabines est habillé de milliers de cristaux Swarovski dont le motif, qui se réfère notamment au Cervin, a été créé spécialement pour elles.

Ces quatre cabines de luxe conçues par le studio italien Pininfarina, connu pour ses créations pour Maserati et Ferrari, sont un atout supplémentaire pour attirer la clientèle. Pour les emprunter, il faudra débourser 115 francs pour un aller-retour, soit quinze de plus que pour une cabine normale.

Chantier d'envergure

Le chantier du 'Matterhorn glacier ride' a duré plus de deux ans. Il a impliqué 38 entreprises qui ont dû faire face à des conditions parfois extrêmes: des températures allant jusqu'à moins 30 degrés, des rafales à 240 km/h, des chutes de neige ou encore un brouillard dense.

Il a fallu parfois trouver des solutions alternatives pour le matériel. Le béton ne supportant pas d'être travaillé en dessous de 5 degrés, il a dû être préparé avec de l'eau chaude dans un dépôt intermédiaire en Italie avant d'être transporté sur place.

Air Zermatt a effectué plusieurs milliers d'allers et retours lors de la préparation du chantier et de la construction. Ces travaux 'comptent parmi les tâches les plus difficiles que nos hélicoptères ont réalisés jusqu'ici', indique Gerold Biner, directeur général de la compagnie aérienne.

Projet vers l'Italie

La société de remontées mécanique de Zermatt a un autre projet de télécabine entre le Petit Cervin et Testa Grigia. Devisé à quelque 30 millions de francs et espéré pour 2021, il permettrait de relier Zermatt à Cervinia (I) sans chausser les skis.

Le projet est toutefois contesté par la Fondation suisse pour la protection et l'aménagement du paysage (fp). Elle estime que la densité de constructions au Petit Cervin est déjà importante et veut éviter une 'dysneylandisation' des sommets alpins qui risque de survenir en augmentant l'attrait du lieu.

/ATS
 

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