Le plan de relance de Biden franchit l'étape décisive du Sénat

Après des heures de débats, de négociations frénétiques et un vote marathon, le Sénat américain ...
Le plan de relance de Biden franchit l'étape décisive du Sénat

Le plan de relance de Biden franchit l'étape décisive du Sénat

Photo: KEYSTONE/AP/Alex Brandon

Après des heures de débats, de négociations frénétiques et un vote marathon, le Sénat américain a finalement approuvé samedi le plan de 1900 milliards de dollars voulu par Joe Biden. Il doit relancer la première économie mondiale frappée par la pandémie.

Le projet de loi a été adopté grâce aux seules voix des sénateurs démocrates, par 50 votes contre 49. Le texte repartira la semaine prochaine à la Chambre des représentants. Les démocrates, majoritaires, devraient l'y approuver rapidement pour que Joe Biden puisse le promulguer d'ici le 14 mars, avant la suspension prévue du versement d'allocations chômage.

Joe Biden a salué le vote d'un plan dont les Etats-Unis ont 'désespérément besoin', selon lui, pour sortir de la crise née de la pandémie de coronavirus. 'Nous avons fait un pas de géant' pour venir en aide aux Américains, a dit le chef de l'Etat, qui avait fait de ce plan de soutien massif l'une de ses promesses de campagne.

'Cette loi va accorder plus d'aides à plus de gens que tout ce que le gouvernement fédéral a fait pendant des décennies', a affirmé le chef des démocrates, Chuck Schumer, juste avant le vote final.

Jamais auparavant le Congrès n'avait dépensé autant d'argent 'de façon aussi incohérente ou après un processus aussi peu rigoureux', a rétorqué le chef de la minorité républicaine, Mitch McConnell.

Chèques de 1400 dollars

Le plan de relance prévoit notamment des chèques de 1400 dollars pour des millions d'Américains, ainsi que 350 milliards de dollars d'aide aux Etats et aux collectivités locales.

Il comprend aussi des milliards de dollars pour lutter contre la pandémie, dont 49 milliards pour le dépistage et la recherche, en plus de 14 milliards pour la distribution du vaccin.

Opposition d'un sénateur démocrate

Les débats avaient été paralysés pendant plus de neuf heures vendredi par l'opposition, signalée en coulisses, d'un sénateur démocrate conservateur à une nouvelle disposition sur les allocations chômage.

Ce n'est qu'après un appel de Joe Biden et des concessions que ce sénateur, Joe Manchin, a finalement accordé son soutien à un nouvel amendement. Celui-ci prévoit la prolongation d'allocations de 300 dollars par semaine jusqu'à début septembre, au lieu de fin septembre comme prévu initialement.

Aucune défection possible

Ce compromis souligne l'immense pouvoir d'une poignée de modérés dans ce Sénat sans majorité confortable. Et ne manquera pas de faire grincer chez les progressistes.

Avec leurs 50 sénateurs, contre 50 républicains, les démocrates peuvent compter sur le vote de la vice-présidente Kamala Harris en cas d'égalité à la chambre haute, mais ne peuvent se permettre aucune défection.

Les républicains se sont eux opposés en bloc au plan de relance, qu'ils estiment trop coûteux et mal ciblé. L'un d'eux était absent samedi.

Mini-boom économique

Invoquant le souvenir de la grande crise de 2008, Joe Biden martèle qu'il faut voir grand pour propulser résolument l'économie vers la reprise, sans risque de rechute.

Le président américain avait tempéré ainsi vendredi l'enthousiasme créé par de bons chiffres de l'emploi aux Etats-Unis, un signe pourtant annonciateur d'un mini-boom économique au printemps.

En février, 379'000 emplois ont été créés, près de trois fois plus qu'en janvier, avait annoncé dans la matinée le département du Travail. Mais il faudra encore du temps pour retrouver le niveau d'avant la pandémie: 18 millions d'Américains touchent toujours une allocation, après avoir perdu leur emploi ou vu leurs revenus plonger.

'Deux ans pour revenir dans les clous'

'A ce rythme, il faudra deux ans pour revenir dans les clous' et retrouver le niveau de février 2020, a averti le président américain.

Les bars et restaurants sont ceux qui ont le plus embauché le mois dernier. L'interdiction de servir en salle a en effet été assouplie dans certaines régions. Les autres activités liées aux loisirs et à l'hébergement, ainsi que dans les services de santé, la vente au détail, l'industrie manufacturière, ont également créé de nouveaux postes.

Selon Joe Biden, les bons chiffres des créations d'emplois sont certainement dus au plan de relance de 900 milliards de dollars qui avait été adopté fin décembre et signé par son prédécesseur Donald Trump. Mais sans nouvelles aides, tout cela 'va ralentir', a-t-il prévenu, 'on ne peut pas faire un pas en avant et deux pas en arrière'.

Son projet de 1900 milliards de dollars serait le troisième plan d'aides exceptionnelles approuvé par le Congrès pendant la pandémie.

/ATS