Le risque n'a pas été surestimé, selon l'auteur de l'expertise

'A la Servette, le risque existe et il est élevé. Nous avons pris la bonne décision', assure ...
Le risque n'a pas été surestimé, selon l'auteur de l'expertise

Le complexe des Asters objet d'une expertise

Photo: KEYSTONE/MARTIAL TREZZINI

La Ville de Genève enquête sur d'autres immeubles de la Servette, après la décision d'évacuation d'une barre d'immeubles. Situé en face, le pâté d'immeubles des Asters fait désormais l'objet d'une expertise.

'Nous avons diligenté une expertise du complexe des Asters', a déclaré jeudi à Keystone-ATS Isabelle Charollais, co-directrice du Département des constructions et de l'aménagement de la Ville de Genève. Elle confirmait une information de la Tribune de Genève.

Mêmes architectes

'C'est une responsabilité de propriétaire qui est logique pour un cas présentant des similitudes.' Appartenant à la Ville, le pâté de bâtiment, situé en face des immeubles évacués, a en effet été construit par les mêmes architectes et ingénieurs.

Dans un tout autre cas de figure, la Ville va aussi mener une expertise pour évaluer la stabilité du 87, bâtiment voisin de ceux qui ont été évacués. 'Il s'agit de déterminer quelles seraient les conséquences en cas de désordre sur l'immeuble adjacent', note la co-directrice.

Bonne décision

Toujours dans l'édition du jeudi du quotidien, l'ingénieur Gabriele Guscetti, auteur de l'expertise qui a conduit à l'évacuation, assure qu'à la Servette, le risque existe et il est élevé. Nous avons pris la bonne décision', souligne-t-il.

Suite à des travaux de surélévation des no 89 et 91 où les conditions étaient jugées favorables, des problèmes ont été découverts sur le troisième immeuble abritant le magasin Migros, explique celui qui est associé dans un grand bureau d'ingénieurs.

Les ingénieurs ont constaté que 'la qualité du béton était très faible, à environ un tiers de sa capacité normale. Certaines couches s’effritaient. Le deuxième constat affligeant concernait les armatures métalliques qui soutiennent le béton', trop fines et pas suffisamment denses.

Deuxième avis

'Le niveau de sécurité était très préoccupant', souligne l'expert. Les propriétaires ont été avertis des risques encourus. 'Comme les trois entrées 89, 91 et 93 ont été construites en même temps et que les dalles s’étendent sur tout le bâtiment, nous avons encore réalisé des sondages au 91 qui ont confirmé le très mauvais état du béton et des armatures.

Cette situation existe depuis la construction de l’immeuble et ne s’explique pas par une dégradation de l’immeuble', relève M. Guscetti. Un deuxième avis a été pris auprès d'un professeur de l'EPFL. 'Les calculs qu’il a réalisés ont confirmé nos craintes.'

'Le très gros risque, c’est la rupture par poinçonnement. La dalle peut s’effondrer d’un coup et entraîner celles qui sont en dessous(...). C’est parce que ce risque-là existe réellement que nous avons pris la décision de faire évacuer le bâtiment. Même si on ne sait pas quand un accident peut se produire, dans cinq minutes ou dans cinquante ans'.

Sécurisation en cours

Le tableau n'a pas été noirci comme le pensent certains habitants. 'Ce que nous craignons avant tout, c’est un incendie, la chaleur finirait d’affaiblir les armatures et donc la dalle. Ou un séisme'.

A partir de jeudi, une fois les appartements vides, 'nous allons sécuriser le bâtiment avec des étais provisoires. C’est la priorité absolue. Après, nous étudierons la manière de le rénover.'

Pour rappel, le 2 octobre dernier, les habitants de la barre d'immeubles ont été informés d'un risque d'écroulement des bâtiments. Ils avaient jusqu'à ce jeudi pour évacuer. Des commerces ont fermé sur-le-champ.

/ATS
 

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