Les Argentins élisent leur président, le candidat péroniste favori

Le candidat péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez est donné favori pour l'élection présidentielle ...
Les Argentins élisent leur président, le candidat péroniste favori

Les Argentins élisent leur président, le candidat péroniste favori

Photo: KEYSTONE/AP/NATACHA PISARENKO

Le candidat péroniste de centre-gauche Alberto Fernandez est donné favori pour l'élection présidentielle argentine de dimanche. Il affronte le président libéral Mauricio Macri au milieu des craintes d'une réaction négative des marchés financiers.

Le scrutin a débuté à 08h00 heure locale (12h00 en Suisse) et doit s'achever à 18h00 (22h00 en Suisse). Les résultats seront connus à partir de 21h00 heure locale.

Ce vote a lieu alors que la région est secouée par de nombreuses crises politiques et sociales: mobilisation contre les résultats de la présidentielle en Bolivie, grève générale au Chili et contestation sociale en Equateur deux semaines auparavant.

'Tourner la page'

'Avec le vote de dimanche, nous devons commencer à tourner la page déshonorante qui a commencé à s'écrire le 10 décembre 2015' (date de la victoire de M. Macri, ndlr), a lancé jeudi M. Fernandez lors de son meeting électoral final. L'ancienne présidente Cristina Kirchner (2007-2015), associée à M. Fernandez comme candidate à la vice-présidence, se trouvait à ses côtés.

Si les prévisions de tous les sondages se confirment, M. Fernandez, 60 ans, devrait l'emporter dès le premier tour. Pour cela, il doit obtenir plus de 45% des voix, ou bien plus de 40% des voix avec un avantage de plus de 10 points sur le candidat arrivé en deuxième position. Si ce n'est pas le cas, un second tour aura lieu le 24 novembre.

Selon les sondages, l'écart en faveur de M. Fernandez s'est encore accru depuis les primaires d'août (considérées comme une répétition générale avant l'élection présidentielle). M. Fernandez avait alors devancé de 17 points M. Macri, le candidat préféré des marchés.

Pire crise depuis 2001

Le président sortant, lui aussi âgé de 60 ans, achève son mandat au milieu de la pire crise économique que l'Argentine ait vécue depuis 2001. En récession depuis plus d'un an, le pays connaît une inflation élevée (37,7% en septembre), une dette massive et un taux de pauvreté en hausse (35,4%, soit un Argentin sur trois).

Mais des investisseurs craignent qu'une victoire d'Alberto Fernandez n'entraîne le retour des politiques interventionnistes de la période du kirchnérisme (2003-2015). Des analystes se demandent en outre qui gouvernerait réellement: M. Fernandez, ancien chef de cabinet de Cristina Kirchner et de son mari Nestor Kirchner (président de 2003 à 2007), ou bien Mme Kirchner, 66 ans.

Affaibli par les craintes d'un défaut de paiement du pays, qui a bénéficié d'un crédit de 57 milliards de dollars du FMI, le peso a chuté de 5,86% dans la semaine précédant le vote pour finir à 65 pesos pour un dollar.

La monnaie américaine est historiquement le refuge des Argentins en cas de crise. Habitués aux bouleversements économiques, nombre d'Argentins se sont massés vendredi devant les banques et les bureaux de change pour acheter des dollars ou retirer leurs dépôts.

Depuis les primaires, les épargnants argentins ont retiré quelque 12 milliards de dollars de leurs comptes, soit environ 36,4% du total. Le vainqueur de l'élection devra pour sortir le pays de la crise parvenir à créer un consensus, ce qui n'est pas facile dans une Argentine toujours plus polarisée.

/ATS
 

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