Les CFF doivent remplacer 1000 conducteurs de train d'ici cinq ans

Les CFF devront remplacer un millier de conducteurs de train d'ici cinq ans, de nombreux employés ...
Les CFF doivent remplacer 1000 conducteurs de train d'ici cinq ans

Les CFF doivent remplacer 1000 conducteurs de train d'ici cinq ans

Photo: KEYSTONE/CHRISTIAN MERZ

Les CFF devront remplacer un millier de conducteurs de train d'ici à 2024, de nombreux employés des 'fortes années d'embauche' prenant leur retraite. Un syndicat critique le manque de réaction de l'ex-régie fédérale par rapport à cette évolution.

Depuis trop longtemps, les CFF se sont fiés à l'image d'un métier de rêve et ont formé trop peu de conducteurs, explique à Keystone-ATS le président du syndicat des chauffeurs de train SEV/LPV Hans-Ruedi Schürch, confirmant une information du Blick. Avec un salaire d'entrée de 45'000 francs brut, les jeunes ne sont plus guère attirés, d'autant que l'augmentation des salaires n'est pas non plus satisfaisante.

Un salaire bas, des horaires de travail irréguliers, des loisirs difficiles à planifier, un problème de compatibilité avec la vie familiale et peu de possibilités d'avancement: ce qui était autrefois le travail rêvé de beaucoup d'enfants n'est tout simplement plus attractif pour ceux qui débutent, poursuit M. Schürch.

En outre, le patron des CFF Andreas Meyer a fait des déclarations sur des trains sans conducteurs, ajoute-t-il. 'Cela a contribué à perturber les candidats potentiels'.

'Un métier d'avenir'

Les CFF emploient pour l'heure quelque 3500 conducteurs de locomotive. Mais à cause de l'expansion du service ferroviaire, davantage de main-d'oeuvre est nécessaire, indique l'ex-régie fédérale à Keystone-ATS. Le porte-parole Reto Schärli admet que les jeunes générations sont moins motivées par le métier.

Mais il réfute que les CFF n'aient pas anticipé le départ à la retraite de nombreux conducteurs expérimentés. Il souligne que les CFF forment beaucoup plus de personnes depuis des années.

'Il y a aujourd'hui dix à douze cours de formation par an, contre trois à quatre les années précédentes', précise l'ex-régie fédérale. Selon Hans-Ruedi Schürch, les effectifs souhaités de douze à 18 candidats par classe sont toutefois de moins en moins atteints.

Reto Schärli souligne par ailleurs que la profession a de l'avenir malgré l'automatisation en cours. Des professionnels seront également nécessaires pour les trains autonomes, en particulier 'dans des situations d'exploitation extraordinaires'.

En outre, les CFF offrent des salaires compétitifs et des conditions de travail attrayantes, ajoute-t-il. La compagnie va toutefois examiner si des ajustements sont nécessaires à l'avenir.

Chantiers et trains supplémentaires

L'élargissement de l'offre, mais aussi les nombreux chantiers et les fermetures de voies, posent problème aux conducteurs de locomotive, estime par ailleurs Hans-Ruedi Schürch. Leurs itinéraires sont moins efficaces, avec de longues pauses pour conséquence.

Les CFF admettent également que les 1900 trains supplémentaires prévus de mai à septembre pour les nombreuses manifestations estivales entraînent 'une situation tendue au niveau du personnel lors de certaines journées'. Pour M. Schürch, ces offres supplémentaires signifient avant tout de 'courts engagements improductifs', avec uniquement un trajet aller et retour.

Tout cela mène à des heures supplémentaires qui peinent à être réduites, ajoute M. Schürch. Il estime que les CFF n'ont pas pensé à ce problème. Pour régler la situation, ceux-ci devraient donc embaucher davantage de conducteurs, conclut-il.

Pour les CFF, les conducteurs de locomotive peuvent 'naturellement' compenser les surcroîts de travail. Si nécessaire, des conducteurs externes peuvent également effectuer certains itinéraires.

/ATS
 

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