Les biotech en devenir, oubliées des plans de soutien

Les firmes biotechnologiques ont subi de plein fouet l'impact de la pandémie de coronavirus ...
Les biotech en devenir, oubliées des plans de soutien

Les biotech en devenir, oubliées des plans de soutien

Photo: KEYSTONE/AP/Juan Karita

Les firmes biotechnologiques ont subi de plein fouet l'impact de la pandémie de coronavirus. Mais la crise pourrait aussi leur ouvrir de nouvelles opportunités.

Entravées dans leurs recherches par les mesures de confinement et la réquisition de nombreuses structures de soins pour les besoins du Covid-19, privées de leurs traditionnelles sources de financement ou encore souvent exclues des vastes plans de soutien à l'économie, la pandémie pose un défi de taille aux sociétés biotechnologiques.

N'ayant pour nombre d'entre-elles encore aucun produit sur le marché, beaucoup des sociétés du secteur se sont vues exclues des premiers programmes crédits garantis par la Confédération, attribués sur la base des chiffres d'affaires réalisés avant l'éclatement de la crise.

'Les sociétés actives dans la recherche, mais qui ne génèrent encore pas de recettes, n'ont reçu de la part des autorités que peu voire aucun soutien', souligne en discussion avec AWP Dario Eklund, à la tête de Santhera.

Fondateur et directeur général de l'accélérateur entrepreneurial Swiss Rockets, Vladimir Cmiljanovic souligne qu'il aura fallu attendre le mois de mai pour que la Confédération ouvre la voie à des crédits garantis pour les jeunes pousses aussi. 'Pour certaines biotechs, il était alors déjà trop tard', poursuit l'entrepreneur.

Disposant souvent de réserves suffisantes pour une durée déterminée, les sociétés de recherche ont également dû composer avec une quasi-impossibilité de lever de nouveaux fonds. 'Il a été impossible de mener une telle opération entre février et avril', confirme Gökhan Batur, patron de Polyphor. 'Si une société avait prévu pendant ce laps de temps de mener une ronde de financement, je suis certain qu'elle est désormais en crise', poursuit le responsable.

Recherche à l'arrêt

En plus d'interruptions contraintes ou volontaires de volets de recherche clinique - à l'image du gel de trois mois observé par le laboratoire dermatologique Cassiopea dans le recrutement de patients pour une étude sur le clascoterone - nombre de projets précliniques se sont aussi retrouvés à l'arrêt.

Jürg Zürcher, expert en biotech auprès du cabinet EY, souligne ainsi que les mesures de confinement observées par l'Université de Zurich ont privé les chercheurs de l'accès aux animaux détenus en milieu académique.

La priorité accordée au traitement du Sars-Cov-2 dans la recherche se reflètent de surcroît également dans les procédures réglementaires et risquent de reporter des décisions ouvrant la voie à la commercialisation de nouveaux produits.

Pour autant, les acteurs du segment interrogés s'accordent sur l'existence pour les biotechs d'une opportunité unique offerte par la pandémie. Celle de pouvoir se profiler comme une partie de la solution à la crise sanitaire.

/ATS
 

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