Les désastres climatiques coûteront jusqu'à 50% de leur croissance aux Etats-Unis

Les phénomènes climatiques extrêmes et la pollution atmosphérique ont coûté 240 milliards de ...
Les désastres climatiques coûteront jusqu'à 50% de leur croissance aux Etats-Unis

Les désastres climatiques coûteront jusqu'à 50% de leur croissance aux Etats-Unis

Photo: Keystone

Les phénomènes climatiques extrêmes et la pollution atmosphérique ont coûté 240 milliards de dollars chaque année aux Etats-Unis ces dix dernières années. Et ces pertes économiques devraient s'intensifier sur la prochaine décennie.

Elles devraient atteindre au moins 360 milliards, montre un rapport publié mercredi par Universal Ecological Fund, une ONG basée à Oslo. Cela équivaut à environ la moitié de la croissance annuelle du pays.

Pour obtenir ces chiffres, le rapport a examiné deux types de coûts. Ceux induits par les phénomènes météorologiques extrêmes influencés par le changement climatique et les coûts de santé liés à la pollution atmosphérique causée par l'énergie fossile.

Le tout 'représente environ 40% de la croissance actuelle de l'économie américaine', selon le rapport. L'année 2017 sera sans doute la plus coûteuse de l'histoire, quelque 300 milliards de dollars de pertes étant attendues après le passage des ouragans Harvey, Irma et Maria et les incendies qui ont ravagé ces deux derniers mois certaines régions des Etats de l'Ouest, dit encore ce rapport.

Coût insupportable

Selon l'étude, 80% de l'énergie produite et utilisée aux États-Unis provient de combustibles fossiles. Or cette utilisation 'a un coût conséquent que l'économie américaine ne peut pas supporter', souligne le coauteur de ce rapport et ancien président du Groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat (GIEC), Robert Watson.

'Les preuves sont implacables, plus on brûle de carburants fossiles, plus vite le climat poursuit son changement', affirment les auteurs du texte.

L'étude s'appuie sur les données fournies par l'administration américaine, mais ne tient cependant pas compte de données telles que les pertes liées au climat dans le secteur agricole.

'Crescendo'

Les Etats-Unis doivent donc prendre des mesures. La présidence américaine pourrait réduire ces pertes, qui représentent 1,2% du produit intérieur brut américain, en revenant sur le retrait des Etats-Unis de l'Accord de Paris et sur son plan visant à relancer l'industrie américaine du charbon, explique le rapport.

'Nous ne disons pas que tous les phénomènes climatiques extrêmes sont imputables à l'activité humaine, mais que l'ampleur de tous ces événements va crescendo', a dit Robert Watson. La hausse de la température des océans, par exemple, produit davantage d'humidité, ce qui est susceptible de provoquer davantage d'ouragans.

Le rapport souligne qu'au cours de la décennie allant de 2006 à 2016, 92 phénomènes climatiques extrêmes représentant plus d'un milliard de dollars de dégâts se sont produits contre 38 dans les années 1990 et 21 dans les années 1980.

Impact

Le président américain Donald Trump a lui aussi estimé mercredi lors d'un discours à Indianapolis pour présenter sa réforme fiscale que les ouragans successifs qui ont frappé les Etats-Unis ces dernières semaines auraient un impact sur la croissance américaine au troisième trimestre.

/ATS