Lobbyisme: comment se distribuent les cartes d'accréditation

Chacun des 246 parlementaires des Chambres fédérales peut donner deux cartes d'entrée permanente ...
Lobbyisme: comment se distribuent les cartes d'accréditation

Lobbyisme: comment se distribuent les cartes d'accréditation

Photo: KEYSTONE/LUKAS LEHMANN

Chacun des 246 parlementaires des Chambres fédérales peut donner deux cartes d'entrée permanente au Palais à deux personnes ou décider de diversifier leurs invités en distribuant deux cartes journalières par jour. Témoignages de trois conseillers nationaux.

Le registre des accrédités est disponible sur le site internet du Parlement, avec nom et fonction. Sous l'entrée de Mathias Reynard (PS/VS) figurent Isabelle Pasquier déléguée pour l'Initiative des Alpes et Xavier Pilloud pour le Réseau FUTURE, représentant la formation et l'innovation.

'C'est mon choix personnel qui n'est absolument pas dicté par le parti', explique le Valaisan à Keystone-ATS. Il n'a du reste pas connaissance que les partis influencent leurs parlementaires dans le choix des bénéficiaires d'une entrée au Palais fédéral.

En revanche, les organisations désireuses d'obtenir un sésame sont très au fait des éventuelles places à conquérir. 'Lorsque j'ai décidé de donner l'un des deux badges à une autre personne, j'ai reçu plein de mails d'organisations', raconte le candidat au Conseil des Etats.

'Je ne la connaissais pas spécialement'

Claude Béglé (PDC) estime qu'il s'agit d'une pratique courante que de recevoir des demandes actives d'accréditation de l'extérieur. Le Vaudois, non réélu dimanche, raconte avoir donné une des cartes d'accréditation permanente à l'ancienne chancelière genevoise socialiste, Anja Wyden Guelpa.

'Elle me l'avait demandé et je pensais que c'était quelqu'un de bien'. 'Je ne la connaissais pas spécialement, je l'avais rencontrée quelques fois (...) Il n'y a absolument eu aucune stratégie lobbyiste à ce choix'. L'ancien président de La Poste affirme d'ailleurs n'avoir jamais fait entrer de 'lobbyiste en tant que tel' sous la Coupole.

Plus de transparence?

Pour Mathias Reynard, il est nécessaire d'apporter plus de transparence dans le système: il y a l'initiative de Didier Berberat (PS/NE) qui demande que les lobbyistes déclarent leurs mandats, mais aussi l'initiative populaire pour plus de transparence dans le financement des partis politiques. Le nouveau Parlement élu devrait selon lui permettre des avancées.

Illusoire, selon Fathi Derder (PLR) pour qui réglementer davantage n'apportera rien. 'Le lobbying ne se fait pas dans les pas perdus du Parlement en session, mais bien avant, lorsque la loi est en gestation, rappelle le Vaudois qui ne se représentait pas dimanche.

Ils se manifestent dès qu'un projet est en discussion, au moment où il est mis en consultation dans les milieux concernés et lors des travaux de commissions. Lorsque le projet arrive au Parlement, 99% de la loi est faite. 'Les lobbyistes n'ont pas besoin d'un badge d'accès au Parlement'.

La SSPA montre patte blanche

Lui-même a donné ses deux cartes d'accès à 'deux amies', Cristina Gaggini, directrice romande d'Economiesuisse et Chantal Balet, ancienne députée PLR dans le canton du Valais. Pour Fathi Derder, plus que les lobbyistes, ce sont les parlementaires et leurs rémunérations qu'il faudrait soumettre à plus de transparence.

Dans l'immédiat, la Société suisse de Public Affairs (SSPA) soit la faîtière des lobbyistes, va organiser le deuxième mardi de la prochaine session d'hiver une rencontre entre ses membres et les nouveaux parlementaires pour un tour de table.

L'idée est de faire connaissance. Il en va aussi d'une question de réputation. L'association se fait un point d'honneur de monter que ses membres font preuve de transparence et se tiennent à des règles strictes, explique son président Reto Wiesli.

/ATS
 

Actualités suivantes

Articles les plus lus