Londres accuse Bruxelles de « mauvaise foi »

Le projet de sanctions de l'UE pour encadrer la période de transition après le Brexit est 'peu ...
Londres accuse Bruxelles de « mauvaise foi »

Londres accuse Bruxelles de

Photo: KEYSTONE/AP pool PA/STEFAN ROUSSEAU

Le projet de sanctions de l'UE pour encadrer la période de transition après le Brexit est 'peu judicieux' et 'de mauvaise foi'. L'attaque émane jeudi du ministre britannique chargé du Brexit David Davis. La virulence de ses propos est inhabituelle.

'Je ne pense pas que c'était faire montre de bonne foi que de publier ce document au langage franchement discourtois, impliquant qu'ils pourraient, dans les faits, arbitrairement mettre fin à la période de transition', a déclaré le ministre aux médias. 'C'est de mauvaise foi et peu judicieux de publier ça'.

Il commentait le document dévoilé mercredi par l'Union européenne, qui comporte un arsenal de sanctions pour 'éviter un jeu déloyal' de la part de Londres durant la période de transition après le divorce.

Sanctions à l'étude

Le projet de texte fixant les règles imposées au Royaume-Uni pour la période de transition après sa sortie de l'UE le 29 mars 2019 prévoit la possibilité de sanctions, notamment 'un mécanisme permettant à l'UE de suspendre certains bénéfices pour le Royaume-Uni découlant de sa participation au marché unique'.

Cette clause incluse sous forme de notule dans le projet d'accord a été ajoutée lors de la reprise des négociations mardi à Bruxelles.

'L'UE répond à la demande de Theresa May de pouvoir bénéficier du marché unique et de l'union douanière pour un temps limité pendant lequel tous doivent jouer selon les mêmes règles', avait expliqué Stefaan De Rynck, conseiller de Michel Barnier, le négociateur en chef de l'UE, dans un message publié sur son compte Twitter.

'Prévoir la possibilité de sanctions en cas de jeu déloyal fait partie de tout accord', avait-il souligné.

Réunion au 10, Downing Street

Cet ajout avait provoqué dès mercredi l'ire de plusieurs députés conservateurs britanniques. 'Ces menaces idiotes montrent à quel point l'UE a peur', avait réagi l'influent député conservateur britannique Bernard Jenkin sur la BBC. 'Ce sera très difficile à accepter pour Theresa May', avait pour sa part jugé Jacob Rees-Mogg, l'un des principaux rivaux politiques de la première ministre.

La déclaration de David Davis survient alors que Theresa May a réuni mercredi et jeudi les principaux membres de son gouvernement pour définir avec eux la future relation entre le Royaume-Uni et l'UE. David Davis a commenté ces réunions en assurant que l'atmosphère avait été 'très constructive, beaucoup de questions ont été réglées', tout en ajoutant que 'des progrès restent à faire'.

L'exécutif est déchiré entre les partisans d'une franche rupture avec les 27, dont le chef de la diplomatie Boris Johnson et celui de l'environnement Michael Gove, et ceux qui veulent maintenir des liens forts avec l'UE, surtout Philip Hammond, en charge des finances.

Face à l'indécision de Londres, Michel Barnier avait pressé lundi Theresa May de 'faire un choix': 'Nous avons besoin de clarté sur les propositions britanniques à propos de la future relation'.

/ATS
 

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