Non du PLR à l'initiative « pour des entreprises responsables »

Le Parti libéral-radical (PLR) s'oppose à l'initiative pour des entreprises responsables. Réunis ...
Non du PLR à l'initiative « pour des entreprises responsables »

Non du PLR à l'initiative

Photo: KEYSTONE/WALTER BIERI

Le Parti libéral-radical (PLR) s'oppose à l'initiative pour des entreprises responsables. Réunis virtuellement samedi, ses délégués ont largement recommandé le rejet du texte soumis au peuple le 29 novembre par 249 non, 9 oui et 4 abstentions.

Ils ont suivi les arguments de la conseillère fédérale Karin Keller-Sutter dans un message vidéo enregistré. 'L'initiative va trop loin', a déploré la ministre PLR. L'exigence faite aux entreprises suisses de veiller au respect des droits de l'homme et de l'environnement dans toute leur chaîne d'approvisionnement est 'impossible à mettre en oeuvre', a-t-elle critiqué.

'Extrême' et 'unique au monde'

Selon une étude, l'initiative ne concerne pas que les multinationales, mais jusqu'à 80'000 entreprises dont les PME, a souligné la St-Galloise. Un 'oui' pénaliserait les entreprises suisses par rapport à leurs concurrentes à travers une réglementation 'extrême' et 'unique au monde'.

Contrairement à l'initiative, le contre-projet indirect du gouvernement et du Parlement est 'pragmatique et efficace', a estimé la conseillère fédérale.

En ouverture de l'assemblée, depuis Lucerne, la présidente du PLR Petra Gössi ne s'est pas exprimée dans un discours, mais a répondu aux questions du vice-président du PLR Philippe Nantermod, qui l'a invitée à s'exprimer sur différents sujets. Concernant cette initiative, Petra Gössi a souligné que des emplois sont en jeu.

Elle a par ailleurs critiqué la nature émotionnelle d'un débat où les soutiens de l'intiative sont présentés comme de bonnes personnes alors que les opposants sont assimilés à de mauvaises personnes. Pour elle, il faut revenir à une discussion factuelle.

Oui à la loi sur le CO2

Plus tôt dans la matinée et après un débat animé, les délégués ont en revanche soutenu, par 218 oui, 60 non et 7 abstentions, la loi sur les émissions de CO2. Le texte est attaqué par voie de référendum à la fois par les conservateurs de l'Union démocratique du centre (UDC) et l'Union suisse des arts et métier (USAM), qui n'en veulent pas, et par des écologistes liés au mouvement de la Grève pour le climat, qui le trouvent trop timide. Le délai de récolte des signatures court encore.

Petra Gössi a, elle, estimé que le texte voté par le Parlement est un compromis raisonnable. De plus, un rejet de la loi par la population serait, selon elle, suivi d'un conflit entre les deux camps référendaires pour savoir quels arguments auront eu le dessus.

A cause du blocage engendré, il ne serait alors plus possible pour la Suisse de respecter les engagements pris lors de l'accord de Paris sur le climat.

Eviter un nouveau semi-confinement

Lors de cette même prise de parole initiale, la présidente du parti s'est aussi exprimée sur la pandémie de Covid-19. Elle a regretté que le Conseil fédéral n'ait pas mis en place un système de 'feux de signalisation' qui aurait montré ce qu'entraîne une augmentation ou une diminution du nombre d'infections et d'hospitalisations. Elle a cependant souligné qu'il est important que le nombre de cas baisse.

Afin d'éviter un nouveau semi-confinement, elle a insisté sur la nécessité de respecter les mesures de lutte contre la propagation du coronavirus, 'même si celles-ci ne conviennent pas à tout le monde'. Il en va de la préservation des emplois et de la santé de la population.

Identités numériques: c'est oui aussi

En fin d'assemblée, les délégués ont dit 'oui' à la loi sur l'identification électronique (e-ID), à une large majorité de 230 voix contre 16 et 7 abstentions. La date de cette votation fédérale provoquée par un référendum n'est pas encore connue.

En septembre 2019, le Parlement a adopté un système libéral donnant la priorité au secteur privé pour délivrer des identités numériques. Les opposants ne font pas confiance aux entreprises en matière de protection des données. Ils préfèrent attribuer cette tâche à l'Etat.

/ATS