Paris présente son budget 2018

Le premier budget d'Emmanuel Macron devra à la fois réduire le déficit public mais aussi la ...
Paris présente son budget 2018

Paris présente son budget 2018

Photo: Keystone

Le premier budget d'Emmanuel Macron devra à la fois réduire le déficit public mais aussi la pression fiscale. Il a été rendu public mercredi à Paris. Le très controversé 'impôt sur la fortune' (ISF) frappant les plus riches devrait être réformé.

Un 'budget de transformation' du pays axé à la fois sur le 'pouvoir d'achat' et le 'respect des engagements': voilà comment le gouvernement français décrit son premier projet de loi de finances, censé consacrer le retour de la France dans les clous européens, avec une 2e année consécutive sous la barre des 3% de déficit.

Paris promet que son déficit public sera ramené à 2,9% du produit intérieur brut (PIB) en 2017 puis à 2,6% en 2018. Un effort destiné à retrouver de la 'crédibilité' auprès de ses partenaires européens, au premier rang desquels Berlin, qui réclame depuis longtemps à la France des comptes publics plus vertueux.

'Je m'en réjouis', a réagi le commissaire européen aux affaires économiques, l'ancien ministre français Pierre Moscovici. Mais la France peut mieux faire, a-t-il martelé, soulignant que 'la moyenne des déficits dans la zone euro, ce n'est pas 3%, c'est 1,4%'.

Logements et transports

Pour parvenir à redresser les comptes, Paris a annoncé une réduction de 0,7 point de la dépense publique, impliquant des coupes budgétaires inédites, chiffrées à 16 milliards d'euros.

Trois secteurs seront surout mis à contribution: l'emploi, avec une réduction drastique des contrats aidés, le logement, avec une baisse des aides aux ménages les plus modestes, et les transports, avec le gel de plusieurs grands projets d'infrastructures.

L'Etat prévoit en outre de supprimer 1600 postes dans la fonction publique, et de réduire les dépenses de la Sécurité sociale d'environ 5,5 milliards d'euros.

Doper le pouvoir d'achat

Dans le même temps, le gouvernement compte rendre sept milliards d'euros aux entreprises et aux ménages via des mesures fiscales, ceci en vue de relancer l'économie et de renforcer l'attractivité de la France, selon un avis du Haut Conseil des finances publiques, organe indépendant chargé d'évaluer la crédibilité des prévisions budgétaires.

'Nous baisserons les impôts à fin 2018 d'environ 10 milliards d'euros', avait pourtant assuré mi-septembre le ministre de l'économie Bruno Le Maire.

A l'origine de cette différence, la décision annoncée fin août de décaler à l'automne une partie de la baisse des cotisations chômage et maladie prévue pour les salariés du secteur privé, a précisé mercredi une source proche du dossier.

L'ISF critiqué à gauche

Le budget, qui sera débattu durant l'automne, prévoit notamment la réforme de l'impôt de solidarité sur la fortune (ISF), qui ne touchera que les placements immobiliers et non plus en capital.

Cette mesure, critiquée à gauche mais louée par le patronat, vise à relancer les investissements dans les entreprises. Les revenus du capital seront de plus frappés d'un taux unique d'imposition.

Ces mesures seront complétées par une suppression des cotisations chômage et maladie pour les salariés du secteur privé, dont le coût sera compensé par une hausse de 1,7 point de la CSG, un impôt prélevé directement sur les salaires et les primes afin de financer la protection sociale.

Outre ces baisses d'impôts, le budget 2018 devra graver dans le marbre les hausses de crédits liées aux promesses de campagne d'Emmanuel Macron, dont le renforcement de la sécurité, l'accompagnement des enfants handicapés ou la revalorisation de la prime d'activité.

Pour réussir ce numéro d'équilibriste, l'Elysée et Matignon comptent sur la reprise économique, synonyme de recettes supplémentaires, avec une croissance prévue de 1,7% l'an prochain.

Le déficit de l'Etat français atteindra 82,9 milliards d'euros (94,8 milliards de francs) en 2018 contre 76,5 milliards en 2017.

/ATS
 

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