Pour la société Multiple, durabilité rime avec adaptabilité

Certaines entreprises affrontent les crises, comme celle du Covid-19, en s'appuyant sur leurs ...
Pour la société Multiple, durabilité rime avec adaptabilité

Certaines entreprises affrontent les crises, comme celle du Covid-19, en s'appuyant sur leurs atouts. A l’instar du spécialiste du design industriel Multiple, à La Chaux-de-Fonds (NE), pour qui durabilité rime avec adaptabilité.

Fleuron suisse dans son domaine, Multiple Global Design se targue de s'adapter avec sa patte, relève Camille Mairot, designer et l'un des quatre codirecteurs de la société fondée en 1979. 'Savoir casser les codes pour ouvrir de nouvelles perspectives', la crise sanitaire incitant le client à s'interroger dans un climat incertain.

L'approche est celle du géant Apple. Mais l'innovation peut aussi se pratiquer par petites touches, à l'instar d’une marque de luxe, précise celui qui travaille pour Multiple depuis 20 ans. Même si la tendance est à la linéarité et l'uniformisation, constate ce dernier, tout en insistant sur la nécessité 'd'oser penser autrement'.

C'est pourquoi il faut se montrer 'vivant' dans la phase initiale du 'brainstorming'. 'Proposer régulièrement la rupture, si jamais, pour une prochaine fois', résume Camille Mairot. L'économie circulaire, intégrant des solutions responsables, est venue s'inviter la table de travail. 'Les jeunes sont de plus en plus sensibles à la question'.

Clients prestigieux

Multiple compte plus de 250 clients, dont des noms prestigieux comme Nestlé (machines à boissons), Mettler-Toledo (instruments de mesure), BioMérieux (diagnostic in vitro), Siemens ou la Loterie romande. Pas loin de 2000 produits dessinés et beaucoup (prospectifs compris) ont été placés sur le marché en 40 ans, depuis l'époque du fondateur Rémy Jacquet, aujourd'hui parti en retraite.

Depuis deux ans et demi, la société fonctionne collégialement avec une direction à quatre, dont Camille Mairot et Sébastien Dassi. Ce dernier, actif chez Multiple depuis 16 ans, représente le volet ingénierie. 'Cela permet de connaître la globalité', note Camille Mairot, avec plusieurs secteurs d'activité, sans barrières.

L'approche se fonde sur 'un partage des connaissances pour s'approprier les spécificités d'un produit'. L'utilisateur est au centre. Il faut être capable de fournir un résultat à la hauteur des instructions du client, sachant que le métier a évolué vers une connectivité 'sans cesse accrue'. D'où la combinaison design et ingénierie.

Savant équilibre

Il y a quinze designers pour six ingénieurs chez Multiple. L'objet se place dans un écosystème, détaille Camille Mairot, pour le rendre désirable, fonctionnel et approprié, sur les plans du prix et du marché. Il n'y a plus uniquement l'usage basique, mais l'enrichissement via les données et l'expérience au quotidien.

'La demande intègre davantage un aspect technique', dit Sébastien Dassi. 'L'ingénieur apporte de la crédibilité au côté artiste, 'miroir aux alouettes', du designer', ajoute Camille Mairot. Ils collaborent étroitement à faire émerger de 'vraies solutions' et à élaborer un prototype prouvant que le produit est réalisable.

Le design prospectif s'intéresse à un futur potentiel. 'Se demander ce que signifie faire un geste de tous les jours', illustre Camille Mairot, en explorant la relation au produit, les nouvelles manières de penser. Le champ des possibles. L'idée consiste à se sortir la tête du guidon pour imaginer ce que sera la consommation dans 10 ou 15 ans.

Bienveillance et tolérance

Aller au-delà de la pratique de proposer une nouveauté tous les 18 mois. 'C'est un processus créatif pur', note Camille Mairot. Donner un cadre en impliquant design et ingénierie, en recourant par exemple à des images d'animation. La dimension prospective est complétée depuis cinq ans par l'arrivée d'une nouvelle spécialité : le UX/UI Design.

Le couple designer-ingénieur collabore avec 'bienveillance et tolérance'. 'On cherche à savoir comment concrétiser et non à couper les ailes'. Chaque designer dessine et modélise en trois dimensions pour aller plus loin. 'L'ingénieur intervient, parfois très amont, pour le choix entre autres, aborder le choix de tels ou tels matériaux', complète Sébastien Dassi.

C’est la mécanique, montage et démontage. 'Le client vient avec des composants, apporte des fonctionnalités,', détaille-t-il. Il s'agit de trouver des solutions à tout moment, de savoir répondre à tous les critères. La 3D permet de s'approcher de la réalité et, ensuite, de continuer ou d'arrêter un projet.

L'ancêtre Minitel

Le prototypage avec des maquettes n'a pas pour autant disparu. Il utilise plastique, verre ou tôlerie et implique des partenaires multi-domaines. La maquette est identique à ce que l'on trouve dans le commerce, pour prouver que le produit peut exister et pouvoir le tester.

Ce dernier est ainsi souvent conçu de A à Z. D'où la nécessité de savoir s'adapter aux délais et à la complexité, relèvent les deux codirecteurs. Multiple travaille tant avec la multinationale et que la grosse PME. Un parcours débuté à la fin des années 1970 avec le dessin du Minitel français, à l'époque de la norme Vidéotex.

L'entreprise chaux-de-fonnière avance aussi la particularité d'avoir un tiers d’actionnaires parmi ses près de 30 collaborateurs. Elle est considérée aujourd'hui comme ni plus ni moins que la plus grande agence de design industriel de Suisse, entièrement dédiée au design produit.

/ATS
 

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