Quatre institutions scrutent la Suisse depuis l’espace

Quatre institutions - les universités de Genève et Zurich, GRID-Genève et l'Institut WSL - ...
Quatre institutions scrutent la Suisse depuis l’espace

Quatre institutions scrutent la Suisse depuis l’espace

Photo: Gregory Giuliani/UNIGE

Quatre institutions - les universités de Genève et Zurich, GRID-Genève et l'Institut WSL - vont scruter la Suisse depuis l’espace. Elles exploiteront les données du Swiss Data Cube (SDC), qui rassemble les images satellites des programmes Landsat et Sentinel 1 et 2.

L'augmentation de la population, l'urbanisation et le développement des infrastructures en Suisse exercent une pression sur les ressources naturelles et la biodiversité. Cette pression sera intensifiée par l'impact des changements climatiques.

Compte tenu de sa petite taille et de la densité de population, la Suisse doit optimiser la gestion de ses terres, ce qui implique un suivi permanent afin de définir les priorités, de mesurer le respect des politiques publiques et les progrès accomplis, a indiqué jeudi l'Université de Genève (UNIGE) dans un communiqué.

C'est pourquoi l'UNIGE, celle de Zurich (UZH), le GRID-Genève, intégré au Programme des Nations Unies pour l'Environnement, et l'Institut fédéral de recherches sur la forêt, la neige et le paysage (WSL) ont conclu un accord de coopération pour développer l'exploitation des données d'observation terrestre à l'échelle nationale.

'Le SDC a la capacité unique de suivre, pratiquement en temps réel, les différents changements environnementaux: climat, végétation, qualité de l'eau, urbanisation, terres cultivées, habitats naturels. Il permettra d'apporter des réponses plus précises aux questions d'importance nationale', déclare Gregory Giuliani, chercheur à l'Institut des sciences de l'environnement de l'UNIGE et auprès du GRID-Genève, cité dans le communiqué.

Exploitable par des non-spécialistes

Depuis le lancement du premier satellite Landsat en 1972, les satellites d'observation de la Terre démontrent une impressionnante capacité à suivre les changements environnementaux dans l'espace et le temps. Auparavant, l'accès à cette information était limité par la puissance de calcul disponible, les capacités de stockage, les coûts et la complexité du traitement des données.

De nos jours, les données de nombreux satellites sont librement accessibles, tandis que la puissance de calcul et le stockage permettent de traiter des volumes sans cesse croissants de données.

'La technologie du Swiss Data Cube supprime la dernière barrière, à savoir la complexité du traitement des données. Elle automatise le traitement de grandes quantités d'images satellitaires et fournit ainsi des données prêtes à l'exploitation, même par des non-spécialistes', explique Michael E. Schaepman, professeur au département de géographie de l'UZH.

Cloud computing

La Suisse est l'un des rares pays au monde à disposer d'un cube de données satellitaires à l'échelle nationale. 'Le SDC a été initialement développé par le GRID-Genève sur mandat de l'Office fédéral de l'environnement (OFEV) en s'appuyant sur le cloud de l'Université de Genève', rappelle Pascal Peduzzi, directeur du GRID-Genève et professeur à l'UNIGE.

Le SDC peut désormais compter sur deux partenaires supplémentaires: l'UZH par le biais de ses laboratoires de télédétection et l'Institut WSL. Chaque partenaire apporte ses compétences scientifiques et ses équipes de recherche.

Basée sur une plate-forme de cloud computing, le SDC permet aux utilisateurs d'accéder, de visualiser et d'analyser des images satellites des programmes américain Landsat et européens Sentinel 1 et 2 de 1984 à nos jours. Les images des capteurs satellites couvrent toute la Suisse à une résolution spatiale de 10 à 30 mètres et deux fois par semaine.

'Le SDC compte actuellement plus de 10'000 images et est mis à jour hebdomadairement. Je pense que cela pourrait aider la Confédération, les cantons et les communes dans la surveillance de l'environnement et pour l'établissement de rapports indépendants', conclut Charlotte Steinmeier du WSL.

/ATS
 

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