RTS: déménagement prévu d'une partie de la télévision à Lausanne

La RTS envisage de déménager à l'horizon 2024 une partie de la télévision de Genève à Lausanne ...
RTS: déménagement prévu d'une partie de la télévision à Lausanne

La SSR concentre ses activités, vives réactions

Photo: KEYSTONE/SALVATORE DI NOLFI

La SSR veut déplacer une partie de la rédaction de la radio SRF de Berne à Zurich. En Suisse romande, la RTS envisage de déménager à l'horizon 2024 le département 'news' de la télévision de Genève à Lausanne. Ces deux décisions suscitent de vives réactions.

La production des sports et des magazines de la RTS restera à Genève tandis que l'actualité sera transférée à Lausanne, a indiqué le Conseil d'Etat genevois mercredi dans un communiqué. 'Cette mutation privera notre canton d'une activité historique. Elle réduira le personnel actif dans la tour RTS et potentiellement aussi l'emploi alentour', déplore-t-il.

Aucune décision n'a été prise concernant la RTS, a toutefois tenu à préciser son directeur Pascal Crittin dans l'émission Forum. Il s'agit d'une vision, de relancer le projet Campus qui vise à rassembler la radio, des activités TV et des cars de reportage sur le site de l'EPFL.

Dans ce cadre, 'nous allons voir s'il est possible de converger les médias d'actualité' à Lausanne. Et d'ajouter que la décision formelle sera prise par le conseil d'administration dans plusieurs mois, voire une année.

'Fédéralisme des contenus'

Dans son communiqué diffusé mercredi, la SSR n'a en effet pas directement mentionné ce déménagement. Elle a toutefois indiqué qu'elle 'réduira progressivement ses surfaces immobilières de 25% et répartira en conséquence ses activités sur les différents sites'. Cela vaudra pour les différentes régions linguistiques du pays.

Ce regroupement des rédactions pose la question du fédéralisme et de la représentation régionale. Après le départ de la Tribune de Genève, la décision de la RTS 'éloignera de la principale place économique romande et premier centre mondial de coopération multilatérale les organes de décision et de traitement sérieux de l'information, ce qui constitue un motif d'insatisfaction supplémentaire', se désole le gouvernement genevois.

La RTS croit à 'un fédéralisme des contenus et pas à un fédéralisme des bureaux', répond M. Crittin.

Transfert vers Zurich quasi-définitif

Outre-Sarine, le transfert d'une partie de la radio de SRF de Berne à Zurich, qui avait suscité une vive opposition, semble scellé. Le Conseil d'administration de la SSR a décidé mercredi de le soutenir, indique le communiqué.

Ce transfert, prévu à partir de fin 2020, concerne 170 collaborateurs. Il doit encore être soumis à consultation auprès des partenaires sociaux. Il doit permettre de préserver l'emploi et les programmes, tout en économisant cinq millions de francs chaque année. Il fait partie du plan d'économies de 100 millions de francs engagé par la SSR dès 2019.

La SSR promet malgré tout de rester fortement présente à Berne. Au total, 550 collaborateurs de l'entreprise publique, dont plus de 150 journalistes, resteront basés dans la ville fédérale. Notamment les journalistes qui suivent la politique fédérale depuis le centre médias du palais fédéral.

Décision 'incompréhensible'

Cette décision a été vivement critiquée. Le canton et la ville de Berne, ainsi que la Région capitale suisse - qui regroupe notamment les cantons de Fribourg et du Valais - la jugent 'incompréhensible'. Ils estiment que la SSR sacrifie un modèle de réussite.

Les trois entités qualifient de préoccupante la concentration des médias d'information à Zurich. En transférant 170 journalistes loin de Berne, les dirigeants de la SSR heurtent de front toute une région et tournent le dos à l'idée d'un service public avec un ancrage régional, dénoncent les autorités communales et cantonales bernoises.

Le Syndicat suisse des mass media (SSM) ne mâche pas non plus ses mots. Il estime que le choix de transférer de Berne à Zurich le département de l'information radio est un 'véritable affront'. Pour le syndicat, la SSR sacrifie son ancrage régional et la diversité entre les régions.

/ATS
 

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