Retraites en France: discussions de la dernière chance avant Noël

Le gouvernement français et les partenaires sociaux ont entamé mercredi des discussions sur ...
Retraites en France: discussions de la dernière chance avant Noël

Retraites en France: discussions de la dernière chance avant Noël

Photo: KEYSTONE/EPA/ISL MS

Le gouvernement français et les partenaires sociaux ont entamé mercredi des discussions sur la réforme controversée des retraites, au 14ème jour d'une grève qui menace de se prolonger pendant Noël. Le président français Emmanuel Macron s'est dit prêt à l''améliorer'.

Le chef de l'État 'n'abandonnera pas le projet' contesté, mais 'il est disposé à l'améliorer, par le truchement des discussions avec les syndicats', a expliqué la présidence, en laissant entrevoir 'des avancées d'ici à la fin de la semaine'.

Au lendemain d'une troisième journée de manifestation, leaders syndicaux et patronaux ont rencontré mercredi le premier ministre Edouard Philippe et le nouveau 'M. retraites' du gouvernement, Laurent Pietraszewski, qui a succédé au démissionnaire Jean-Paul Delevoye, empêtré dans une affaire de conflit d'intérêts.

L'objectif est de trouver une sortie à cette crise qui paralyse largement les transports publics, notamment en région parisienne, depuis le 5 décembre. Le leader du syndicat CGT, Philippe Martinez, en tête de la contestation, a cependant rappelé à l'issue de son entretien à Matignon que son organisation réclamait le retrait du projet de loi. Il a dénoncé 'une position idéologique' de l'exécutif.

Poursuite des discussions jeudi

Les discussions entre tous les partenaires sociaux et l'exécutif doivent se poursuivre jeudi. Selon la présidence, M. Macron s'est notamment fixé pour 'objectif d'obtenir une pause' de la mobilisation 'pendant les fêtes' de fin d'année, qui donnent traditionnellement lieu à de nombreux déplacements familiaux.

Le compromis envisagé par M. Macron concernerait 'une amélioration possible autour de l'âge pivot', pour l'instant prévu à 64 ans à partir de 2027, afin d'équilibrer financièrement le système. Les salariés prenant leur retraite avant cet âge subiraient une décote, ceux partant plus tard percevant au contraire un 'bonus'.

C'est l'annonce de cette mesure 'inacceptable' pour l'ensemble des syndicats qui avait fait basculer la CFDT - premier syndicat français, considéré comme 'réformiste' - dans le camp des opposants à un projet dont il soutenait pourtant le principe.

Après les partenaires sociaux, Edouard Philippe doit recevoir jeudi les dirigeants de la RATP (transports parisiens) et de la SNCF (trains).

Lassitude

Se déplacer restait un défi mercredi, en particulier en région parisienne. Huit lignes de métro restaient fermées dans la capitale française et seul un train sur trois ou quatre circulait dans l'ensemble du pays. Une légère amélioration était cependant prévue jeudi dans les transports parisiens.

Près de six Français sur 10 (57%) restent cependant opposés à la réforme, une défiance qui a progressé de huit points en une semaine. Mais la grève entraîne de grosses tensions et d'énormes embouteillages, essentiellement en région parisienne. Et de nombreux usagers des transports publics expriment leur lassitude.

'Depuis le premier jour de grève, le 5 décembre, je pars vers 04h00 du matin pour éviter les embouteillages et le soir j'arrive à la maison vers 21h30. Je commence à être fatigué', a confié à l'AFP François. Confronté à la suppression de la plupart des trains sur sa ligne, cet enseignant qui vit à Marseille doit prendre sa voiture pour rejoindre son travail à Nîmes, à 120 kilomètres.

La journée de mobilisation de mardi a été 'un franc succès', a estimé Philippe Martinez. Les manifestants étaient 615'000 à travers le pays, selon les autorités, la CGT avançant le chiffre de 1,8 million.

/ATS
 

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