Syndicats unis contre le travail « gratis », de nuit et surabondant

Supprimer l'enregistrement de la durée de travail dans certains secteurs reviendrait à en exploiter ...
Syndicats unis contre le travail « gratis », de nuit et surabondant

Syndicats unis contre le travail

Photo: Keystone

Supprimer l'enregistrement de la durée de travail dans certains secteurs reviendrait à en exploiter gratuitement ou à en épuiser les salariés, selon l'USS et Travail.Suisse. Les syndicats s'unissent contre cette flexibilisation 'radicale et unilatérale' qui menace.

Dans un communiqué mardi, les deux organisations annoncent 'une vaste alliance' pour combattre 'l'attaque massive' des conseillers aux Etats Konrad Graber (PDC/LU) et Karin Keller-Sutter (PLR/SG). 'Ces deux élus veulent, à travers leurs initiatives parlementaires, supprimer pour une part importante des salariés l'enregistrement de la durée de travail' et les limites données à celle-ci, selon elles.

Leurs textes ont déjà reçu un aval clair de la commission du Conseil des Etats, qui pourra rédiger un projet concret. Déposée par Karin Keller-Sutter (PLR/SG), le premier veut libérer les salariés exerçant une fonction dirigeante et les spécialistes occupant une fonction similaire de l'obligation de saisir leur temps de travail.

Le texte de M. Graber réclame lui, pour ces catégories de personnel, une flexibilité en matière de durée du travail hebdomadaire et de temps de repos. Certaines branches pourraient aussi être libérées, sous certaines conditions, de l'obligation de ne pas dépasser une durée de travail hebdomadaire. La porte ouverte à 'des semaines très longues avec du travail de nuit et du dimanche', selon les syndicats.

'Pas une vieillerie'

Les deux parlementaires évoquent des cadres et des 'spécialistes', mais ces concepts ne sont pas définis dans la loi sur le travail, poursuivent l'Union syndicale suisse (USS) et Travail.Suisse. En conséquence, 'plus d'un tiers des salariés seraient menacés'. Ensemble, ces deux initiatives entraîneraient finalement davantage de travail 'gratis'.

Les salariés et les assurances sociales perdraient en outre des milliards de francs parce qu'il ne serait plus possible d'établir la quantité de travail et d'heures supplémentaires fournis. Et de rappeler que selon plusieurs études, les salariés en Suisse, davantage que dans l'Union européenne, doivent subir des durées de travail toujours plus souvent imposées par leurs employeurs.

'Le contrôle de la durée de travail n'est pas une vieillerie obsolète', martèlent les syndicats. 'Il est un instrument contre le surmenage qui permet d'établir le volume de travail fourni en plus et sa rémunération équitable.' Outre les organisations affiliées Unia et Syna, la Société suisse de médecine du travail combat elle aussi ce qu'elle voit comme la promesse de l'épuisement des salariés.

/ATS
 

Actualités suivantes